Lundi 10 Juillet 2006
Il est très rare qu'elle le devine tout de suite, elle peut en douter mais la certitude n'est pas de rigueur dans ce domaine. L'orgueil prend le plus souvent le dessus, et le passé est généreusement tourné à l'avantage de l'interressé.
Alors on fait le fier, on roule des mécaniques du haut de notre toute jeune adolescence, mais le coeur bat la chamade et les mains sont moites. On se demande si on saura faire, et si on pourra éviter le ridicule.
Puis le moment tant attendu se présente, il a été retardé mais on ne peut plus faire marche arrière. Peut-être que l'alccol a aidé, peut-être est-ce en plein milieu d'un slow lors d'une boom de collège, ou au bord de la mer, sur la plage autour d'un feu, mais le contact a lieu.
Les lèvres se touchent, les langues se cherchent, le coeur atteint une fréquence de pulsation jusque là inconnue. Puis arrive les questions que l'on n'avait pas réellement prévues. Où placer ces mains ? Les hanches c'est peut-être trop direct, la taille c'est bien, on les laisse là, surtout ne plus les bouger d'un millimétre. Et on arrête quand ? Ne pas paraitre trop pressé. Peut-être qu'elle en a marre ? Moi j'ai mal à la machoire, j'amorce le recul.
Et maintenant ? Ne pas la regarder dans les yeux, regarder ailleurs, garder un air détaché. Elle regarde à gauche, je regarde à droite. Recommencer ?
Lui prendre la main, sortir, observer les gens. Ils nous regardent, mais rien d'extraordinaire ne se produit comme si c'était normal, comme si rien n'avait changé, alors que tout a changé en réalité.
Elle ne l'a sans doute pas deviné, elle peut en douter mais la certitude n'est pas de rigueur dans ce domaine. C'était pourtant la première fois.










