Post-Eire - Infirmières Academy
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Lundi 28 Fvrier

categories Infirmières Academy [16h28] Infirmières Academy

/images/infirmiers.jpgLundi dernier, j'avais enfin retrouvé ma télécommande dans un de mes cartons, lorsque au milieu du réglage des chaînes je suis tombé sur le "reportage" sur France 3, quatre épisodes sur le milieu hospitalier : Hôtel-Dieu.

A mi-chemin entre Strip-Tease et Urgences, cette nouvelle adaptation de la télé-réalité à la frontière du documentaire est époustouflante. Montrer la réalité de l'hopital, dans ses joies comme dans ses peines, avec authenticité et sans voyeurisme, vous renvoie en pleine figure le quotidien des métiers de la santé.

J'ai de l'admiration pour ces gens qui affrontent en face la réalité de la vie. Ces personnes qui arrivent à vivre normalement, tout en cotoyant constamment la détresse et la tragédie humaine.

Personnellement, je ne peux pas avancer sans oeillères, sans blindage, il faut qu'une partie de moi fasse en permanence abstraction de la détresse humaine, tandis que l'autre prie secrétement pour passer entre les gouttes de la fatalité.

Vous pouvez appeller ça de la lâcheté, je préfére appeller ça de l'auto-défense.

Quoiqu'il en soit, ce soir, n'hésitez pas à aller y jeter un coup d'oeil, 20h55, France 3.


[28/02 22h59] Emi :


Oui effectivement, très beau reportage.
Sans prétention.
Pour travailler dans le milieu hospitalier, je ne peux être qu'admirative devant une telle retranscription, tellement "vraie".
Peut-être qu'il aidera à mieux comprendre pour ceux qui ne font pas partie de ce monde un peu à part.

Bonne soirée
Et merci d'être revenu :)
Emi


[04/03 09h11] GG :

"J'ai de l'admiration pour ces gens qui affrontent en face la réalité de la vie. Ces personnes qui arrivent à vivre normalement, tout en côtoyant constamment la détresse et la tragédie humaine."

Sans avoir vu un seul épisode de ces "reportages", je me suis interrogé comme toi sur le même sujet ; et je me dis ceci : confronté à "la réalité" (qui est sordide et morbide en milieu hospitalier), les gens qui vivent dans ce monde hospitalier "se blindent" également. D'un point de vue extérieur, on pourrait dire qu'ils font face à la réalité, ce qui est objectivement le cas, mais je ne suis pas sûr qu'ils possèdent à chaque instant cette vision des choses, du moins avec autant d'acuité (c'est mon humble avis).

J'ai un pote qui fait des études de médecine, et qui a réalisé quelques stages dans ce milieu hospitalier, notamment en médecine légale : en clair il a côtoyé des gars dont le quotidien était, entre autre, de charcuter des cadavres. Et la particularité de ces personnes, c'est qu'ils font 24 heures sur 24 des blagues : blagues entre-eux, blagues sur les patients (vivants ou morts). Et à mon avis l'humour tout azimut leur sert de "tampon" entre la réalité et leur conscience : l'humour comme moyen de détournement, l'humour en guise d'&#339;illère et de blindage.

Il n'en demeure pas moins que ces gens accomplissent des choses que je serais absolument incapable de faire, mais je me garderai bien de leur attribuer des qualités d'être humains "hors-normes", je crois que tu comprends ce que je veux exprimer : ils restent des hommes, parmi les hommes, et en ce sens ils obéissent à cette bonne vieille loi humaine : à force d'être confronté tout le temps à la même chose, on peut être blasé de tout, y compris de la souffrance et de la mort.

Ciao


[04/03 19h18] Zub :

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http://www.20six.fr/Zubrowka/archive/2005/03/02/7rb6b0o72v4e.htm#comments


[08/03 10h37] GG :

ok j'arrive bouge pas...


[30/04 17h46] Emi :



Je relis ce texte, plus d'un an après.
Entre temps, les reportages sur l'hôpital ont fleuri par dizaines.
Tournés plus ou moins en voyeurisme.

Je fais toujours le même métier.
Ca fait 28mois que je travaille dans le milieu hospitalier. Que je suis infirmière.

GG avait raison.
On n'est pas différent des autres personnes.
On se blinde aussi.
Il y a des jours où on y arrive moins que d'autres.
L'humour est un bon moyen de défense.
Quoi que l'on pense, on peut plaisanter avec des malades cancéreux, des malades en fin de vie.
Ce n'est pas parce qu'ils vont mourir et qu'ils le savent qu'ils n'ont plus d'humour et qu'il faut leur montrer un visage d'enterrement...
On ne peut pas plaisanter de tout non plus, c'est vrai.

Là où je ne suis pas d'accord, c'est dire qu'on peut arriver à être blasé de tout... même de la souffrance et de la mort.
Depuis plus de 2 ans que j'y suis confrontée, je n'en suis toujours pas blasée, je ne m'y suis toujours pas habituée.
Et je sais que je ne le pourrai jamais.
Et heureusement.

Je pleure quand un patient qu'on suit depuis des mois dans notre service décède. Je pleure pour lui, pour sa famille, sur moi aussi quelque part sans doute.
j'écoute, je tiens les mains, j'accompagne.
Je ne me fais pas à la souffrance.
Je l'encaisse.
Quand je sors du boulot, je n'oublie pas l'hôpital en un claquement de doigts.
Quand je vais à l'hôpital, je n'éteint pas mon coeur.
"il ne faut pas s'attacher aux patients", "il faut se blinder"...
La théorie est souvent bien loin de la vérité, de la vie, de la pratique...
Je ne suis pas "meilleure" ou différente pour ce que je fais et ce que je donne.
Je suis moi.

C'est pour ça que j'ai choisi ce métier.
Je le vis.
Je le déteste et je l'aime.
Pour tous les moments de richesse, de bonheur que cela m'apporte, ça vaut de passer par la souffrance.
Même si parfois j'en ai marre, si je craque...
Je ne me vois pas faire autre chose.
Vraiment pas.


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