Mercredi 19 Mai 2004
J'ai le mal du pays. La France me manque. Mais beaucoup de choses me retiennent encore ici.
L'une d'entre elle est le calme, une certaine approche de la sérénité que je n'éprouve pas en France. Peut-être est-elle dûe au fait qu'on ne m'insulte pas ici parce que, non, je n'ai pas de cigarette à te donner. Ou peut-être parce que je n'ai pas à me sentir mal à l'aise pendant que les 3 gamins de 14 ans sont en train de graver les vitres du métro et de planter leur canif dans les siéges, juste là au fond du wagon. Peut-être qu'ici je n'ai pas à risquer le poing dans la gueule en te disant que non, elle n'a pas envie de t'embrasser, elle ne te connais pas, elle est juste terrorisée et ton bras autour de son cou et ta main sur sa cuisse n'arrange rien. Peut-être parce qu'ici ma colloc' peut rentrer toute seule à 3 heures du matin sans avoir à s'inquiéter de se faire emmerder malgré sa mini-jupe à en faire palir de jalousie les filles de joie française. Peut-être parce que tout ceci sont les seules choses que les irlandais ont eu à reprocher à la France lors de leurs passages touristiques ou Erasmus.
Alors lorsque je lis qu'on dénonce les bavures, comme si elles n'avaient jamais existé et qu'on s'indigne, comme si la généralisation était évidente et qu'aucune profession ne souffrait de brebis galeuses, je me rassure en me disant que l'objectivité politique du journal en question reste à prouver et que personnellement, à choisir entre une police trop efficace à une police trop peu efficace, au vu de certains événements (et là), selon moi beaucoup plus choquants, mon choix est vite fait.










