Post-Eire - romance de vie
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8 posts pour la cat�gorie 'romance de vie'

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Mercredi 10 Mai

categories Tendre malentendu [19h49] Tendre malentendu

/images/robe.pngVirginie ouvre un œil. Elle met quelques secondes à réaliser qu'il est Dimanche, et que non elle n'ira pas travailler aujourd'hui.

Ses volets ne sont jamais fermés, elle adore être doucement réveillée par la lumière du jour. Il lui suffit de tourner la tête pour s'apercevoir que, comme prévu, le temps est maussade aujourd'hui. Mais ceci ne viendra pas perturber ses plans, non, elle se lève et se prépare un thé bien chaud pour se donner du courage.

Un peu plus d'une heure plus tard, après une douche et une longue hésitation devant sa garde robe afin de trouver la tenue offrant le meilleur rapport météo/jolie/envie, Virginie est dehors. La température est agréable, et elle ne regrette pas d'avoir finalement opté pour cette jolie robe rouge...

Elle arrive enfin au musée. Des semaines qu'elle voulait voir cette exposition temporaire, elle est presque fière d'elle d'avoir pu trouver le temps d'y aller.

Au hasard d'une salle, elle croise un couple, et constate vexée que la fille porte une robe identique à la sienne. Elle regrette d'avoir passé autant de temps pour si peu d'originalité.

Elle observe discrètement le couple avec jalousie. Lui a l'air si attentionné, ils discutent sur les œuvres, échangent leur point de vue, leur complicité ne fait aucun doute, alors qu'elle, elle est toute seule dans ce musée, sans personne pour l'accompagner. Tout en soupirant face à cette injustice, elle s'éclipse dans la salle suivante, essayant de balayer ces idées noires en se concentrant sur l'exposition.

Elle était en passe de réussir ce transfert lors, soudain, un bras vint glisser le long de sa taille. Elle ne sut pourquoi, mais elle comprit tout de suite ce qu'il se passait. Elle ferma les yeux. Deux mains se posaient maintenant sur ses hanches. La nonchalance de ce contact la fit frissonner de plaisir car il y avait dans ces gestes quelque chose de tendre et de machinal qui ne peut se construire qu'après de longues années de vie commune. Les mains venaient maintenant de se rejoindre sur son ventre lorsqu'elle sentit la chaleur de tout un corps se rapprocher d'elle. Puis vint ce baiser, à vrai dire incomplet, juste un début d'esquisse de baiser sur le sommet de son crâne, à la racine de ses cheveux, mais qui lui parcouru l'échine.

Tout c'était passé très vite, une seconde tout au plus, mais juste au moment de l'accomplissement de ce baiser, le corps derrière elle sursauta. Elle ressentit le relâchement brusque de l'étreinte comme un déchirement.

- "Excusez-moi, je suis désolé", balbutia le jeune homme troublé.

- "Ce n'est rien", lui répondit Virginie, sans doute avec un sourire niais.

Il partit gêné rejoindre la réelle destinatrice de cet acte de tendresse dans la salle d'à coté.

Virginie resta un moment là, sans bouger, ne sachant pas trop quoi faire, et dans l’impossibilité de se concentrer à présent sur ce qu’elle était en train de lire. Elle se dirigea donc vers la sortie, en se sentant si stupide d'être à ce point perturbée par un acte anodin.

En partant elle recroisa le couple. L'homme lui adressa un regard discret et embarrassé. Elle rentra chez elle, se jeta sur le canapé, et sans trop savoir pourquoi, se mit à pleurer.

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Vendredi 28 Octobre

categories Fainéantise sentimentale. [13h58] Fainéantise sentimentale.

/images/sensualite.pngIl ne sait pas vraiment pourquoi il a répondu à son invitation. Il sait bien au fond de lui qu'il n'y a rien d'anodin dans cette visite, ils sont tous les deux célibataires, l'ambiguïté est certaine. Une partie de lui sait ce qu'il va se passer, l'autre en a peur et lui retourne le bide.

Il sent qu'il vieilli. Il a de plus en plus de mal à détacher le sexe des sentiments. 'Un comble pour un mec' dit la société, mais c'est un fait. Fini les parties de jambes en l'air sans lendemain, les nuits 'sans engagement' il n'y croit plus. Pour lui ce sont des leurres, puisque la boule dans le ventre est bien réelle dans la gestion de 'l'après', voir même, comme bien trop souvent, quand il ne s'agit pas de jalousie ou de possessivité.

Plus rien n'est neutre, l'adolescence est terminée, ses partenaires ont leur vie, leurs expériences, un contexte a prendre en compte et sur lequel il a un impact. Il ne peut plus se permettre de repartir comme il est venu, il n'a plus envie de jouer, il veut échanger. Plus rien n'est anodin.

Il arrive chez elle. La soirée se passe bien, et la complicité s'installe peu à peu. Il s'avance petit à petit au pied du mur comme si c'était écrit, comme il le savait depuis le début, pas de surprise. Elle est belle, elle sent bon, mais il ne peut pas. Pas ce soir. "Je ne suis pas prêt" lui susurre-t-il à l'oreille. Elle a ce sourire de la déception fataliste. Elle se blottit contre lui. "C'est pas grave".

Il est bien, et c'est bien là tout le problème. Il est tellement bien avec elle qu'il n'a pas besoin de lui faire l'amour pour l'être d'avantage. Une nuit contre elle est beaucoup plus cher à ses yeux qu'une nuit d'amour.

Il espère qu'elle le comprend.

[Ce post est inspiré des superbes planches de Laurel.]

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Vendredi 14 Octobre

categories Approche, je ne m'enfuirai pas. [11h16] Approche, je ne m'enfuirai pas.

/images/flirt.pngComme prévu, il est un peu en retard. Juste quelques minutes, parce qu'il ne voulait pas qu'elle attende trop longtemps, mais il ne voulait pas non plus montrer qu'il n'avait rien d'autre à faire de sa journée.

Il la reconnaît tout de suite. Elle a changé, elle s'est coupée les cheveux, mais elle est toujours aussi belle. Il s'approche, elle lui sourit. Il guette tous les signes qui pourraient trahir ses impressions: il la trouve sincère, elle n'a pas l'air de cacher une quelconque déception.

Elle se lève, le sourire toujours imprimé sur son visage, elle se penche vers lui, tend sa joue, tout en approchant la main vers son épaule. Bises. Premier contact. Elle sent bon. Sa main traîne un peu sur son épaule et glisse le long de son bras. Détail qui ne trompe pas. Il frissonne.

Il s'assoit, s'excuse par politesse et lui demande comment elle trouve le restaurant. Il a choisit, elle ne connaissait pas, elle aime bien. Il sourit.

S'en suivent diverses conversations anodines entrecoupées par les interventions du serveur. Il fait tout pour aiguiller les discussions vers le seul sujet qui l'intéresse : Est-elle célibataire ? Il essaye de trouver des indices dans son discours, mais il ne trouve rien de bien concluant, juste quelques signes par-ci par-là. Il se jette à l'eau. Elle est toute seule, "pour le moment" précise t-elle. Il lui confirme tout autant son célibat non-désespéré. Il se trouve bête, quelle idée d'avoir posé cette question, pourquoi serait-elle là ce soir s'il en avait été autrement ?

Les bases sont claires dorénavant, le coin du voile tombe, ils se mettent à parler d'eux, d'avant. Ils partagent leurs souvenirs, elle se souvient de choses qu'il avait oubliées, il sourit, les souvenirs se font alors plus précis, plus intimes. Malaise.

L'alcool aidant, il commence à sentir une légère excitation. Son parfum, son sourire, son charme, ces souvenirs partagés, il a envie d'elle. Il approche nonchalamment sa main de la sienne. Contact. Accélération cardiaque. Elle continue de parler. Il caresse alors imperceptiblement le dos de sa main. Poussée d'adrénaline. Elle lui sourit. Elle prend sa main dans la sienne. Addition.

Ils sont dans la rue, il parle, elle le regarde avec envie. Milieu de phrase, elle le plaque contre la vitrine et l'embrasse. Elle se recule, elle sourit. "Tu viens boire un verre à la maison ?", dit-il avec une fausse naïveté.

A peine arrivés, ils ne prennent pas le temps de boire un verre, ils sont déjà nus dans son lit. C'est bien le problème avec les exs, on connaît l'autre par coeur, on connaît ses réactions, les automatismes reviennent très vite, on ne se pose pas de question. A la différence d'une histoire neuve, pas de paliers, pas de découverte de l'autre, les étapes s'enchaînent avec une régularité qui le surprend lui même.

C'était bon, elle est toujours aussi belle et toujours aussi douée. Il s'allonge, elle se blottit contre son épaule. Malaise. Et maintenant ?

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Samedi 08 Octobre

categories Murder on the dance floor. [12h58] Murder on the dance floor.

/images/shoes.pngFrançois est le 5ème de la bande. Même s'il est sans doute le plus distant. Toujours par monts et par vaux, toujours à squatter dans la dernière boite branchée du moment. Il est une tête connue des nuits parisiennes. Depuis le temps, il ne peut aller nul part sans croiser un visage familier, une amitié d'alcoolique, ou une ex.

Enfin quand il dit ex, il pense à une nana avec qui il a partagé la nuit. De petits moments éphémères, parfois amenés à se reproduire mais pas trop longtemps, ni trop souvent. Il n'aime pas quand elles s'attachent, ça devient malsain.

Depuis toutes ces années, il a affiné son jeu de séduction. Il en connaît très bien les mécanismes. Il sait qu'au travers du regard de l'autre on se juge soi-même, on apprend à se rassurer et à savoir de quoi on est capable. Au début, il s'intéressait à ces nanas discrètes et jolies. Souvent inexpérimentées, il les couvait et les protégeait d'avantage qu'un réel échange. Ennuyeux. Alors il est passé à autre chose.

Progressivement, il a cherché d'avantage de compétition. Des jeunes femmes mignonnes avec un caractère bien trempé. Un réel challenge, une vraie compétition, il devait s'y prendre à plusieurs fois pour percer leur carapace. Mais une fois qu'elles s'abandonnaient afin à lui, il retrouvait ses mêmes petits êtres qui avait tant besoin de lui, tant besoin d'être rassurés.

Alors il a passé le cap. Il s'est rapproché de ces stars de la nuit, ces icônes des podiums. Ces filles dont il n'aurait jamais pensé s'approcher plusieurs années auparavant tant elles l'impressionnaient. Mais maintenant, il a pris de l'assurance, il connait le jeu du regard et du corps de la piste de danse. Ce jeu muet et sensuel, si facile comparé aux éternelles sorties restau et ciné des autres approches. Quand il arrive à concrétiser ses nuits avec l'une de ces divas modernes, il est toujours surpris de voir, qu'au contraire des autres, elles ne profitent pas de ces moments privilégiés pour baisser la garde, pour s'abandonner à lui, non, elles continuent leur show, elles se sont convaincues que leur propre plaisir passait au travers de celui de l'autre.

Ce genre de relations lui allait à ravir. Ne pas se poser de questions, des nuits torrides, un ego flatté, sans lendemain. Plus de questions existentielles et de coups de fil en pleine nuit d'une ex larmoyante. Il se sentait bien.

Et puis, un matin, sans prévenir, il eu cette petite boule dans le ventre. Elle lui avait dit qu'elle s'appelait 'Zara', même si ça sonnait un peu trop stéréotypé pour être honnête. Il ne sut trop pourquoi, alors qu'il était à moitié assis dans son lit, avec comme seul vêtement le drap stratégiquement disposé sur lui, quand il l'a vu se rhabiller, mettre sa veste, lui adresser un baiser sur le front et franchir la porte, il reçut une rafale d'images de tous ces petits moments qu'il avait passé avec elle la veille. Elle était belle. Non, cette fois il le savait, il ne voulait pas en rester là.

Il la rattrapa in extremis devant la porte de l'ascenseur. Essayant de bloquer avec son coude le drap, qui sauvait sa dignité vis à vis de sa voisine en train de l'observer au judas, il réussi à noter le numéro de téléphone de la miss.

Il pu la revoir, plusieurs semaines de suite, il construisit avec elle une complicité faite de petites choses partagées. Il se raccrochait inconsciemment à chaque petit détail pour créer un petit cocon. Elle le faisait rire. Pour la première fois de sa vie, il avait envie de la rassurer, mais elle ne semblait pas en avoir besoin. Il était bien, leur jeu de séduction augmentait de façon linéaire, au fur et à mesure qu'ils apprenaient à se connaître.

Puis un jour, sans crier garde, alors qu'il s'était encore accroché la veille à plusieurs détails qui ne trompaient pas sur les sentiments partagés de la demoiselle, elle ne lui rendit plus rien. Elle devint monosyllabique, et la petite bulle de leur cocon commença à se dégonfler. Il eu beau essayer de souffler, elle était passé à autre chose, et une demie-bulle, ça tient pas longtemps.

Alors il n'eut plus goût à rien, lui, François le fort, le beau-gosse, l'homme de la nuit, compris qu'une période était finie. Il pensait traîner encore les mêmes boites en lunettes de soleil, à 40 ans et rouler en décapotable. Il n'en sera rien. Il avait maintenant envie d'un petit bout de femme à rassurer et à aimer, sans piste de danse.

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Lundi 02 Mai

categories La cruauté est un vilain défaut. [23h42] La cruauté est un vilain défaut.

/images/laisse.jpgRomain est un ami d'enfance de Thomas. Ils se connaissent depuis longtemps, pourtant leurs 25 dernières années ont été bien différentes. Romain, ce n'est pas Brad Pitt, mais il a ce petit quelque chose qui lui permet d'avoir une vie sentimentale et sexuelle dans la moyenne de sa génération. Son seul problème, si toutefois cela peut-être considéré comme un problème, c'est qu'il se débrouille toujours pour s'embourber dans des relations de plusieurs années avec des partenaires qui ne devaient être que des "coups d'un soir". C'est étrange, mais c'est comme ça.

D'ailleurs, à l'issue d'une soirée bien arrosée, il habite avec Angéline depuis 7 mois maintenant, dans un charmant petit appartement. Une petite vie tranquille, rythmée aux 35 heures de son poste de technicien système et réseaux au service financier de La Poste, à deux pas de chez lui. Son seul soucis actuellement c'est Gispy, la chienne Berger-Allemand d'Angeline qu'il doit sortir les Lundi et Jeudi soir, quand mademoiselle est à son cours de step.

Depuis quelques semaines, sortie de nul part, son ex hante pourtant ses journées. Après s'être incrustée dans ses rêves, puis dans ses pensées durant ses courts trajets jusqu'au boulot, voilà qu'il repense de plus en plus souvent à elle. Ho, ce n'est pas de la nostalgie loin de là, il n'a aucune envie de la revoir, encore moins de recontruire quelque chose, mais juste de la curiosité. Qu'est-elle devenue après leur si tumultueuse rupture ? Il la revoie encore, à la fenêtre du 6ème étage de son HLM, en pleine nuit, le mascara strié sur ses joues, cherchant entre deux sanglots la force d'hurler une nouvelle fois le prénom de se salaud qui venait de la larguer et qui s'éloignait en rasant les murs; ce salaud qui lui avait fait espérer monts et merveilles pendant des mois; cet enfoiré dont elle était follement amoureuse, comme jamais elle ne l'avait été; ce type ignoble; ce Romain.

Il n'était pas fier de cette rupture, mais pas honteux pour autant. Auprès de ses proches, il batissait sa fausse déculpabilité sur le caractère trempé aux origines italiennes de son ex. Les injures et les indélicatesses qui avaient suivi n'étaient que les conséquences de ce sale caractère. Oubliant au passage ses propres infidélités, ces anniversaires ratés pour cause de soirées foot, cet égoïsme permanent maintes et maintes fois pardonné grâce à l'amour aveugle qu'elle lui portait.

Tout ceci, c'était il y a presque un an. Que fait-elle maintenant ? L'a-t-elle oublié ? Son petit orgueil de mec, a encore envie d'être caressé dans le sens du poil. Il retrouve alors son email, et se fend d'un petit mail, où il oublie malencontreusement de lui évoquer sa situation actuelle, voir même où il sous-entend presque un célibatat de longue date. Il y ajoute quelques "tu me manques" à lire entre les lignes, et réussit le tour de passe d'y soupoudrer quelques excuses. Bref le parfait petit mail à mi chemin entre la neutre et asexuée prise de nouvelles annuelle, et la déclaration enflammée.

Evidemment il fait mouche. Il jette même de l'huile sur les braises, puisque ce mail perturbera les jours et les nuits de sa destinatrice, brisant même par effet d'escalade le fragile couple qu'elle formait depuis quelques semaines avec un garçon plein de promesses. Un petit mail de rien du tout qui relance pour quelques mois encore l'affreuse machine de la souffrance et de l'auto-destruction chez cette charmante petite brune qui avait mis tant de temps pour se remettre de sa rupture. Mais, ne voyant que ce qu'elle rêvait depuis un an, elle répondit avec toute sa franchise, sa joie éphèmére et son amour ravivé, ignorant que cette déclaration n'aura aucune réponse, ni dans une semaine, ni dans un mois.

Romain était juste curieux, pas en manque. Maintenant qu'il sait il aura juste ce petit rictus nerveux d'auto-satisfaction orgueilleuse lors de la prochaine sortie de Gipsy.

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Mardi 19 Avril

categories Rituel quotidien. [22h27] Rituel quotidien.

/images/keys.jpgQuelques dizaines de mètres avant d'arriver, je sors déjà mes clefs, comme si cet acte allait me rapprocher un peu plus rapidement de ma destination. Lourde porte vitrée, boîte aux lettres, ascenseur, palier, porte d'entrée.

L'odeur habituelle et rassurante de l'appartement m'envahit. Je déverse porte-feuille, papiers et petite monnaie sur la table du salon. Elle est là, tassée sur le canapé, genoux repliés, serrés contre sa poitrine, soufflant sur sa tasse de thé bien calée entre ses mains, comme si ce recipient avait été modelé pour occuper exactement l'espace restant entre son menton et ses cuisses. Le fait qu'elle soit toujours en robe de chambre alors qu'il est 19 heures passé, m'indique clairement qu'elle ne se doute même pas de la température extérieure.

Son regard est fixé sur la télé, pas même une pupille dans ma direction, c'est desormais évident. Elle fait la gueule.

Sans grande conviction, je passe alors rapidement en revue les éléments en ma possession afin de trouver l'objet du délit. En vain, naturellement.

J'ose alors une approche et m'avance alors, faussant le naturel :

- Bonsoir !

- Bonsoir ...

Ok, la messe est dite, il y a un abcès à vider ce soir.

- Ca va ?

- Ca va ...

Bon. Le signal est clair. Feinter l'ignorance maintenant serait jubilatoire pour l'orgueil mais inutile dans l'objectif de sauver la soirée. Il s'avère cependant que je n'ai jamais aimé joué à ce jeu très féminin du "Je-fais-la-gueule, -si-tu-sais-pas-pourquoi-t'as-qu'à-chercher, -parce-que-pour-moi-c'est-évident, -mais-j'ai-pas-envie-de-te-le-dire".

Je dresse tout d'abord le tableau de sa journée. Seule dans l'appartement à réviser, il semble évident qu'elle a mariné un truc pas net. Tout juste si elle ne m'en a pas voulu pour le simple fait que je sois sorti alors qu'elle restait à la maison. Comme si passer 8 heures de ma journée devant un écran à tenter de maîtriser un client en ébulition me réjouïssait. Il semble pourtant clair que n'importe quel pretexte a dû faire l'affaire aujourd'hui : Promesse de coup de fil non tenue, cafetière pas nettoyée ce matin, lunette des WC non rabattue ou simplement une de mes phrases de la veille sortie du contexte et remodelée afin de la transformer en motif valable.

J'abandonne avant même d'avoir commencé et tente lâchement une approche crapuleuse de rafale de chatouilles. Echec total, griffure, et pire un "Arrêtes, tu me fais mal !" on ne peut plus clair.

S'en suit alors une bonne demie heure de gentillesses et courbettes en tout genre tentant ainsi de me rattraper d'une faute que j'ignore. Travail de fond ayant comme résultat un sourire à demi-effacé, mais un sourire quand même.

Je m'enfonce alors dans la brèche en brodant quelques ragots du boulot et du voisinage, appuyant ainsi sur le point faible du commérage qui s'avére très efficace.

Après quelques rires de moins en moins esquissés, je tente la touche de tendresse en reposant ma tête sur ses jambes maintenant détendues. Mais elle me repousse, se relève brusquement, se tint entre la télé et moi, immobile, me fixant droit dans les yeux avec ce regard de chipie qui ne s'est pas assez défoulée aujourd'hui. Elle sourit, fait mine de partir et au dernier moment, relève sa robe de chambre, dévoilant ainsi l'espace d'une seconde, une paire de fesses nues, puis court vers la chambre en riant...

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Ce soir, rien de tout ça. Je rentre dans un appartement vide, personne pour m'attendre, et tous les objets que j'avais disposés ça et là dans l'espoir de les voir se ranger tout seul pendant mon absence sont restés désespérement immobiles.

Aucune surprise, aucun signe, juste quelques lignes pour tenter de décrire ce qu'une soirée idéale peut avoir de banal lorsqu'on la vit au présent...



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Mardi 01 Juin

categories La pilule brésilienne. [15h32] La pilule brésilienne.

/images/pill_plane.pngH-48 - 1h (GMT-4)
Ses doigts de pieds se crispent, une boule de plaisir part de son bas ventre pour exploser sous sa boîte cranienne. Il vient de jouïr. Mon Dieu que c'est bon. Il la regarde, elle sourit, il a du mal a réaliser. Il ne sait pas trop comment tout cela est arrivé mais c'est indéniable maintenant. Ils sont là tous les deux dans sa petite chambre universitaire de l'université de Rio de Janeiro.

Bientôt huit mois qu'il est arrivé au Brésil pour une année d'échange universitaire. Il l'a connu dès les premières soirées, mais elle lui a rapidement parlé de son copain qui l'attend en France. Alors il a flirté avec d'autres, à droite à gauche, il s'est bien amusé, il mordu à pleines dents dans cette année loin de chez lui. Son célibat de plusieurs années a été balayé en quelques semaines.

Mais lorsqu'elle s'est rapprochée de lui, qu'elle lui a avoué qu'elle était jalouse, il n'a pas pu résister, il s'est laissé tenter. La soirée alcoolisée d'hier a sans doute aidé à tout cela, mais nul doute qu'ils avaient tous les deux bu dans ce même objectif.

"Merci", vient-elle de lui murmurer à l'oreille. Il ne comprend pas trop pourquoi elle le remercie, mais il sourit. Il l'embrasse furtivement, puis essaye de se retirer avec dignité pour ôter ce bout de latex qu'il a eu tant de mal à enfiler.

"Ho merde !".

La capote n'a servit à rien, imperméabilité nulle, déchirure totale.

H-38 - 11h (GMT-4)
Ils ont pourtout eu beaucoup de présence d'esprit, mais ça n'a servit à rien. Lorsqu'elle lui a dit qu'elle avait arrêté la pilule depuis plusieurs mois, il a senti l'angoisse monter. Lorsqu'elle a réalisé qu'elle était en plein milieu de son cycle, ils se sont rapidement habillés.

Mais rien n'y fait. Aucune possibilité d'obtenir une pilule du lendemain. Avec leur portugais hésitant et leurs grosses lacunes en vocabulaire médical simple, ils ont compris que les seules possibilités d'obtenir cette contraception d'urgence s'effrondaient avec leur status d'étranger. Et ce, malgré la gentillesse et la compassion de la dernière pharmacienne rencontrée.

Elle fond en larmes, elle lui décrit les pires scénarios catastrophes, et finit par lui dire qu'elle n'a aucune intention de quitter son copain en France, et qu'une grossesse serait une catastrophe familliale et scolaire pour elle.

Il n'en mène pas large non plus, mais cette pression sur ses épaules lui fait trouver une solution imparable, géniale. Un déclic. Il lui explique, elle séche ses larmes, elle y croit.

H-33 - 21h (GMT+1)
Jeannot est heureux. A poil dans sa salle de bains il se prépare pour sa soirée. Il ne connait pas trop le type qui fête son anniversaire, il s'est même un peu incrusté, mais bon, un 150m² dans le XVIème, c'est pas comme s'il allait déranger.

Surtout qu'il sait qui il y verra : en plus de la bande habituelle, Maud sera sans doute là. Belle jeune femme rousse, nulle doute qu'elle lui a fait du rentre dedans l'autre soir... même si elle en a un peu fait à tout le monde. Mais cette fois, il ne laissera pas passer sa chance. Il va chercher son shit d'ailleurs pour se donner du courage.

"1 nouveau message". Il n'a pas entendu son téléphone sonner sous la douche : "C sam, rappelle moi au + vite stp.très urgent.c la cata ici!!".

Putain, il est déjà en retard et il faut qu'il appelle son pote d'enfance au Brésil maintenant. Il fait chier Sam.

Pendant qu'il cherche sa carte prépayée 'low fares' d'une main, il se met un coup de déo de l'autre...

H-31 - 23h (GMT+1)
Jeannot a la rage. Il a perdu plus d'une demie-heure en scooter à chercher cette connerie de pharmacie de garde. Le coup de fil à Sam a ruiné sa soirée. Au lieu de ça il se retrouve à courir dans les couloirs de Roissy afin de trouver la porte d'embarquement du prochain vol pour Rio. Sam a toujours été plus doué dans les études que lui, et il n'y qu'un connard comme lui pour trouver des plans aussi tordus pour pourrir la soirée des gens : Trouver un passeur à l'aéroport pour qu'il puisse récupérer sa pilule du lendemain dans 12h.

Parce qu'évidemment, non content d'abandonner son pote à Paris pendant un an pour se barrer à l'autre bout du monde, faut encore que bibi sauve ses plans-baise foireux.

Il arrive trop tard, il a pourtant speedé comme un malade, mais le message sur les écrans de Roissy est clair : "Embarquement fermé". Il demande à droite à gauche la destination des gens, mais personne pour Rio, il rentre. Il envoye un texto d'echec à Sam, et tente de calculer s'il a encore le temps de passer à la soirée. Un plan baise, même foireux il dirait pas non le Jeannot ce soir. En plus il a une pilule dans son sac...

H-22 - 5h (GMT-4)
Elle est à bout de nerf. Elle est en train de passer en revue sur Internet les avions qui pourraient encore la sauver. Quelle conne. Elle s'en veut à mort : tromper son mec avec le premier venu, elle est bien punie. En plus, ce type est totalement irresponsable, il argumente sur des probabilités gynécologiques alors qu'il sait à peine comment tout cela fonctionne. Sa seule bonne idée a été de penser au coup du passeur, il a juste fallu qu'il ait un empafé de pote pas foutu d'arriver à l'heure à l'aéroport...

Bingo, elle a son vol. Sa dernière chance. Un autre avion décolle dans 5 heures de Paris - Charles de Gaulle.

H-19 - 13h (GMT+1)
Pour la deuxième fois en moins de 12heures, Jeannot est à l'aéroport. Cette fois-çi il est dans les temps, même un peu en avance. Il observe les passagers pour proposer son colis spécial à une bonne tête. Mais pour l'instant il ne croise que des couples du troisième âge. Il tente tout de même sa chance.

Refus. Poli, mais on lui fait comprendre que la confiance n'y est pas. Il réessaye. Refus. Moins poli cette fois. Il retente. Ignorance. Il insiste. Agaçement. Il commence à se faire remarquer par les types de la sécurité.

Il aperçoit une hôtesse, il y va au culot. Elle prend bien le bon avion, il lui explique la situation. C'est une jeune femme, elle semble compatir. Elle hésite, elle demande à voir la boîte. Puis arrive ce stewart. D'un ton autain il demande ce qu'il se passe, elle lui explique en deux mots. Il baragouine une phrase sur vigi-pirate, et conseille fortement à l'hôtesse de refuser. Elle fait une moue d'excuse et passe le portique avec l'autre connard.

Les passagers sont presque tous passés. Un second vol se mélange alors à la fil d'embarquement. Il se fait discret, il retente sa chance. Refus encore. Dépité, il s'éloigne et retourne à l'enregistrement. Au cas où.

A coté du guichet, une jeune fille attend. Guide du routard qui dépasse du sac à dos bondé, cheveux en bataille, salopette de voyage. L'adolescente routarde typique. Il s'approche d'elle, lui explique. Elle sourit, elle est d'accord mais, un gros mais, elle n'a qu'un billet ouvert. Elle ne sera qu'au dernier moment si elle peut prendre ce vol.

Il s'en fout, il n'a plus le courage de chercher quelqu'un d'autre. Ca sera elle ou ça ne sera personne. Il l'invite à prendre un café. Dans une heure ils seront fixés.

H-17 - 15h (GMT+1)
Il reste une place, elle se dépéche. Il lui explique rapidement les modalités à l'arrivée. Elle file. Il remonte sur son scooter, met son walkman, il est heureux. Il n'a pas vu Maud hier, mais il s'en fout. Il sort son téléphone : "Mission de l'agent Jeannot réussie.Le colis arrivera dans 12h à Rio.Elle est blonde,elle a une salopette bleue,elle est belle.Bon courage ma poule,n'hesite pas si t'as encore des plans foireux de ce genre.++".

[Cette histoire est absolument réelle et s'est déroulée il y a quelques semaines. Seuls les lieux et les personnes ont été changés afin de conserver leur anonymat.]

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Vendredi 23 Avril

categories Un peu trop d'imagination surgie du passé. [11h44] Un peu trop d'imagination surgie du passé.

/images/neon.gifBientôt plus d'une heure que l'on discute. Ses grands yeux noirs m'envoûtent. Elle me raconte sa vie, ses histoires de coeur, ses angoisses. Elle a besoin de parler, et un inconnu comme moi semble parfait pour ce genre de thérapie.
Sa cinquième bouteille de Smirnoff Ice semble faire de l'effet, elle commence à rire et son regard se perd dans les brumes d'alcool.

Machinalement et pour me donner une consistance, je joue avec un paquet de Camel posé sur la table. Elle pose sa main près de la mienne et me frôle imperceptiblement, mais suffisamment pour déclencher un frisson tout le long de mon bras et pour tripler ma pulsation cardiaque.
Elle n'a pas encore parlé d'un éventuel copain qui partageait sa vie, elle n'a pas non plus explicité un quelconque célibat. Un signe qui ne trompe pas, la psychologie typique de la fille ne voulant décourager personne : soit elle a quelqu'un et elle a envie de laisser l'espoir, par curiosité ou par envie; soit elle n'a personne mais ne veut pas passer pour une désespérée. Dans tous les cas, elle ne semble pas avoir envie d'en rester là.

Tout en continuant de parler, son index caresse maintenant discrètement ma main, et un très léger sourire apparait sur son visage. Je sent alors sa jambe se rapprocher doucement de la mienne, elle entreprend alors un distrait mouvement de haut en bas. Au travers du frottement avec mon jean, je devine son collant et me rappelle alors la jupe mi-longue qu'elle portait en arrivant.

Personne autour de nous semble voir se qu'il se passe. Je décide donc de prendre les choses en main et je m'approche de son oreille, utilisant ma main pour en écarter le rideau de cheveux qui la protégeait. Mon mouvement se prolonge sur sa nuque et son parfum exalte alors, déclenchant une rafale d'images qui me bombarde l'esprit : Je nous vois en train de nous embrasser au pied d'un lampadaire, je la vois en train de courir en talons dans une rue déserte et pavée, ses clés et son sac dans une main, moi de l'autre. Je nous vois debout, l'un contre l'autre, elle adossée contre sa porte d'entrée, et moi, ma main sur sa cuisse remontée. Je nous vois allongés sur son lit, en train de retirer frénétiquement nos vêtements, je la vois dégrafer son soutien gorge laissant apparaîtrait deux seins légèrement excentrés et discrets, mais magnifiques. Je me vois perdu dans son entre-jambe croisant son regard remplit de plaisir. Je nous vois en train de faire l'amour, éclairés uniquement par une lumière bleue et tamisée, diffusée par le néon de l'hôtel bon marché du trottoir d'en face. ..

Juste avant de commencer à parler, je m'aperçois que la fille de ces images stéréotypées n'est pas la fille assise en face de moi. Non. Cette dernière me dégoûte, l'autre m'envoûte. Le visage que je carresse, les lèvres que j'embrasse et la peau que je goûte ne peuvent appartenir qu'à une seule personne, et il est trop tard pour la rejoindre.

- "Désolé, je dois y aller".

Je sens sa moue vexée derrière mon dos. Plus de métro je rentre à pied.

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