Post-Eire - romance de vie
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9 posts pour la cat�gorie 'romance de vie'

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Mercredi 10 Mai

categories Tendre malentendu [19h49] Tendre malentendu

/images/robe.pngVirginie ouvre un ?il. Elle met quelques secondes raliser qu'il est Dimanche, et que non elle n'ira pas travailler aujourd'hui.

Ses volets ne sont jamais ferms, elle adore tre doucement rveille par la lumire du jour. Il lui suffit de tourner la tte pour s'apercevoir que, comme prvu, le temps est maussade aujourd'hui. Mais ceci ne viendra pas perturber ses plans, non, elle se lve et se prpare un th bien chaud pour se donner du courage.

Un peu plus d'une heure plus tard, aprs une douche et une longue hsitation devant sa garde robe afin de trouver la tenue offrant le meilleur rapport mto/jolie/envie, Virginie est dehors. La temprature est agrable, et elle ne regrette pas d'avoir finalement opt pour cette jolie robe rouge...

Elle arrive enfin au muse. Des semaines qu'elle voulait voir cette exposition temporaire, elle est presque fire d'elle d'avoir pu trouver le temps d'y aller.

Au hasard d'une salle, elle croise un couple, et constate vexe que la fille porte une robe identique la sienne. Elle regrette d'avoir pass autant de temps pour si peu d'originalit.

Elle observe discrtement le couple avec jalousie. Lui a l'air si attentionn, ils discutent sur les ?uvres, changent leur point de vue, leur complicit ne fait aucun doute, alors qu'elle, elle est toute seule dans ce muse, sans personne pour l'accompagner. Tout en soupirant face cette injustice, elle s'clipse dans la salle suivante, essayant de balayer ces ides noires en se concentrant sur l'exposition.

Elle tait en passe de russir ce transfert lors, soudain, un bras vint glisser le long de sa taille. Elle ne sut pourquoi, mais elle comprit tout de suite ce qu'il se passait. Elle ferma les yeux. Deux mains se posaient maintenant sur ses hanches. La nonchalance de ce contact la fit frissonner de plaisir car il y avait dans ces gestes quelque chose de tendre et de machinal qui ne peut se construire qu'aprs de longues annes de vie commune. Les mains venaient maintenant de se rejoindre sur son ventre lorsqu'elle sentit la chaleur de tout un corps se rapprocher d'elle. Puis vint ce baiser, vrai dire incomplet, juste un dbut d'esquisse de baiser sur le sommet de son crne, la racine de ses cheveux, mais qui lui parcouru l'chine.

Tout c'tait pass trs vite, une seconde tout au plus, mais juste au moment de l'accomplissement de ce baiser, le corps derrire elle sursauta. Elle ressentit le relchement brusque de l'treinte comme un dchirement.

- "Excusez-moi, je suis dsol", balbutia le jeune homme troubl.

- "Ce n'est rien", lui rpondit Virginie, sans doute avec un sourire niais.

Il partit gn rejoindre la relle destinatrice de cet acte de tendresse dans la salle d' cot.

Virginie resta un moment l, sans bouger, ne sachant pas trop quoi faire, et dans l?impossibilit de se concentrer prsent sur ce qu?elle tait en train de lire. Elle se dirigea donc vers la sortie, en se sentant si stupide d'tre ce point perturbe par un acte anodin.

En partant elle recroisa le couple. L'homme lui adressa un regard discret et embarrass. Elle rentra chez elle, se jeta sur le canap, et sans trop savoir pourquoi, se mit pleurer.

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Vendredi 28 Octobre

categories Fainantise sentimentale. [13h58] Fainantise sentimentale.

/images/sensualite.pngIl ne sait pas vraiment pourquoi il a rpondu son invitation. Il sait bien au fond de lui qu'il n'y a rien d'anodin dans cette visite, ils sont tous les deux clibataires, l'ambigut est certaine. Une partie de lui sait ce qu'il va se passer, l'autre en a peur et lui retourne le bide.

Il sent qu'il vieilli. Il a de plus en plus de mal dtacher le sexe des sentiments. 'Un comble pour un mec' dit la socit, mais c'est un fait. Fini les parties de jambes en l'air sans lendemain, les nuits 'sans engagement' il n'y croit plus. Pour lui ce sont des leurres, puisque la boule dans le ventre est bien relle dans la gestion de 'l'aprs', voir mme, comme bien trop souvent, quand il ne s'agit pas de jalousie ou de possessivit.

Plus rien n'est neutre, l'adolescence est termine, ses partenaires ont leur vie, leurs expriences, un contexte a prendre en compte et sur lequel il a un impact. Il ne peut plus se permettre de repartir comme il est venu, il n'a plus envie de jouer, il veut changer. Plus rien n'est anodin.

Il arrive chez elle. La soire se passe bien, et la complicit s'installe peu peu. Il s'avance petit petit au pied du mur comme si c'tait crit, comme il le savait depuis le dbut, pas de surprise. Elle est belle, elle sent bon, mais il ne peut pas. Pas ce soir. "Je ne suis pas prt" lui susurre-t-il l'oreille. Elle a ce sourire de la dception fataliste. Elle se blottit contre lui. "C'est pas grave".

Il est bien, et c'est bien l tout le problme. Il est tellement bien avec elle qu'il n'a pas besoin de lui faire l'amour pour l'tre d'avantage. Une nuit contre elle est beaucoup plus cher ses yeux qu'une nuit d'amour.

Il espre qu'elle le comprend.

[Ce post est inspir des superbes planches de Laurel.]

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Vendredi 14 Octobre

categories Approche, je ne m'enfuirai pas. [11h16] Approche, je ne m'enfuirai pas.

/images/flirt.pngComme prvu, il est un peu en retard. Juste quelques minutes, parce qu'il ne voulait pas qu'elle attende trop longtemps, mais il ne voulait pas non plus montrer qu'il n'avait rien d'autre faire de sa journe.

Il la reconnat tout de suite. Elle a chang, elle s'est coupe les cheveux, mais elle est toujours aussi belle. Il s'approche, elle lui sourit. Il guette tous les signes qui pourraient trahir ses impressions: il la trouve sincre, elle n'a pas l'air de cacher une quelconque dception.

Elle se lve, le sourire toujours imprim sur son visage, elle se penche vers lui, tend sa joue, tout en approchant la main vers son paule. Bises. Premier contact. Elle sent bon. Sa main trane un peu sur son paule et glisse le long de son bras. Dtail qui ne trompe pas. Il frissonne.

Il s'assoit, s'excuse par politesse et lui demande comment elle trouve le restaurant. Il a choisit, elle ne connaissait pas, elle aime bien. Il sourit.

S'en suivent diverses conversations anodines entrecoupes par les interventions du serveur. Il fait tout pour aiguiller les discussions vers le seul sujet qui l'intresse : Est-elle clibataire ? Il essaye de trouver des indices dans son discours, mais il ne trouve rien de bien concluant, juste quelques signes par-ci par-l. Il se jette l'eau. Elle est toute seule, "pour le moment" prcise t-elle. Il lui confirme tout autant son clibat non-dsespr. Il se trouve bte, quelle ide d'avoir pos cette question, pourquoi serait-elle l ce soir s'il en avait t autrement ?

Les bases sont claires dornavant, le coin du voile tombe, ils se mettent parler d'eux, d'avant. Ils partagent leurs souvenirs, elle se souvient de choses qu'il avait oublies, il sourit, les souvenirs se font alors plus prcis, plus intimes. Malaise.

L'alcool aidant, il commence sentir une lgre excitation. Son parfum, son sourire, son charme, ces souvenirs partags, il a envie d'elle. Il approche nonchalamment sa main de la sienne. Contact. Acclration cardiaque. Elle continue de parler. Il caresse alors imperceptiblement le dos de sa main. Pousse d'adrnaline. Elle lui sourit. Elle prend sa main dans la sienne. Addition.

Ils sont dans la rue, il parle, elle le regarde avec envie. Milieu de phrase, elle le plaque contre la vitrine et l'embrasse. Elle se recule, elle sourit. "Tu viens boire un verre la maison ?", dit-il avec une fausse navet.

A peine arrivs, ils ne prennent pas le temps de boire un verre, ils sont dj nus dans son lit. C'est bien le problme avec les exs, on connat l'autre par coeur, on connat ses ractions, les automatismes reviennent trs vite, on ne se pose pas de question. A la diffrence d'une histoire neuve, pas de paliers, pas de dcouverte de l'autre, les tapes s'enchanent avec une rgularit qui le surprend lui mme.

C'tait bon, elle est toujours aussi belle et toujours aussi doue. Il s'allonge, elle se blottit contre son paule. Malaise. Et maintenant ?

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Samedi 08 Octobre

categories Murder on the dance floor. [12h58] Murder on the dance floor.

/images/shoes.pngFranois est le 5me de la bande. Mme s'il est sans doute le plus distant. Toujours par monts et par vaux, toujours squatter dans la dernire boite branche du moment. Il est une tte connue des nuits parisiennes. Depuis le temps, il ne peut aller nul part sans croiser un visage familier, une amiti d'alcoolique, ou une ex.

Enfin quand il dit ex, il pense une nana avec qui il a partag la nuit. De petits moments phmres, parfois amens se reproduire mais pas trop longtemps, ni trop souvent. Il n'aime pas quand elles s'attachent, a devient malsain.

Depuis toutes ces annes, il a affin son jeu de sduction. Il en connat trs bien les mcanismes. Il sait qu'au travers du regard de l'autre on se juge soi-mme, on apprend se rassurer et savoir de quoi on est capable. Au dbut, il s'intressait ces nanas discrtes et jolies. Souvent inexprimentes, il les couvait et les protgeait d'avantage qu'un rel change. Ennuyeux. Alors il est pass autre chose.

Progressivement, il a cherch d'avantage de comptition. Des jeunes femmes mignonnes avec un caractre bien tremp. Un rel challenge, une vraie comptition, il devait s'y prendre plusieurs fois pour percer leur carapace. Mais une fois qu'elles s'abandonnaient afin lui, il retrouvait ses mmes petits tres qui avait tant besoin de lui, tant besoin d'tre rassurs.

Alors il a pass le cap. Il s'est rapproch de ces stars de la nuit, ces icnes des podiums. Ces filles dont il n'aurait jamais pens s'approcher plusieurs annes auparavant tant elles l'impressionnaient. Mais maintenant, il a pris de l'assurance, il connait le jeu du regard et du corps de la piste de danse. Ce jeu muet et sensuel, si facile compar aux ternelles sorties restau et cin des autres approches. Quand il arrive concrtiser ses nuits avec l'une de ces divas modernes, il est toujours surpris de voir, qu'au contraire des autres, elles ne profitent pas de ces moments privilgis pour baisser la garde, pour s'abandonner lui, non, elles continuent leur show, elles se sont convaincues que leur propre plaisir passait au travers de celui de l'autre.

Ce genre de relations lui allait ravir. Ne pas se poser de questions, des nuits torrides, un ego flatt, sans lendemain. Plus de questions existentielles et de coups de fil en pleine nuit d'une ex larmoyante. Il se sentait bien.

Et puis, un matin, sans prvenir, il eu cette petite boule dans le ventre. Elle lui avait dit qu'elle s'appelait 'Zara', mme si a sonnait un peu trop strotyp pour tre honnte. Il ne sut trop pourquoi, alors qu'il tait moiti assis dans son lit, avec comme seul vtement le drap stratgiquement dispos sur lui, quand il l'a vu se rhabiller, mettre sa veste, lui adresser un baiser sur le front et franchir la porte, il reut une rafale d'images de tous ces petits moments qu'il avait pass avec elle la veille. Elle tait belle. Non, cette fois il le savait, il ne voulait pas en rester l.

Il la rattrapa in extremis devant la porte de l'ascenseur. Essayant de bloquer avec son coude le drap, qui sauvait sa dignit vis vis de sa voisine en train de l'observer au judas, il russi noter le numro de tlphone de la miss.

Il pu la revoir, plusieurs semaines de suite, il construisit avec elle une complicit faite de petites choses partages. Il se raccrochait inconsciemment chaque petit dtail pour crer un petit cocon. Elle le faisait rire. Pour la premire fois de sa vie, il avait envie de la rassurer, mais elle ne semblait pas en avoir besoin. Il tait bien, leur jeu de sduction augmentait de faon linaire, au fur et mesure qu'ils apprenaient se connatre.

Puis un jour, sans crier garde, alors qu'il s'tait encore accroch la veille plusieurs dtails qui ne trompaient pas sur les sentiments partags de la demoiselle, elle ne lui rendit plus rien. Elle devint monosyllabique, et la petite bulle de leur cocon commena se dgonfler. Il eu beau essayer de souffler, elle tait pass autre chose, et une demie-bulle, a tient pas longtemps.

Alors il n'eut plus got rien, lui, Franois le fort, le beau-gosse, l'homme de la nuit, compris qu'une priode tait finie. Il pensait traner encore les mmes boites en lunettes de soleil, 40 ans et rouler en dcapotable. Il n'en sera rien. Il avait maintenant envie d'un petit bout de femme rassurer et aimer, sans piste de danse.

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Lundi 02 Mai

categories La cruaut est un vilain dfaut. [23h42] La cruaut est un vilain dfaut.

/images/laisse.jpgRomain est un ami d'enfance de Thomas. Ils se connaissent depuis longtemps, pourtant leurs 25 dernires annes ont t bien diffrentes. Romain, ce n'est pas Brad Pitt, mais il a ce petit quelque chose qui lui permet d'avoir une vie sentimentale et sexuelle dans la moyenne de sa gnration. Son seul problme, si toutefois cela peut-tre considr comme un problme, c'est qu'il se dbrouille toujours pour s'embourber dans des relations de plusieurs annes avec des partenaires qui ne devaient tre que des "coups d'un soir". C'est trange, mais c'est comme a.

D'ailleurs, l'issue d'une soire bien arrose, il habite avec Angline depuis 7 mois maintenant, dans un charmant petit appartement. Une petite vie tranquille, rythme aux 35 heures de son poste de technicien systme et rseaux au service financier de La Poste, deux pas de chez lui. Son seul soucis actuellement c'est Gispy, la chienne Berger-Allemand d'Angeline qu'il doit sortir les Lundi et Jeudi soir, quand mademoiselle est son cours de step.

Depuis quelques semaines, sortie de nul part, son ex hante pourtant ses journes. Aprs s'tre incruste dans ses rves, puis dans ses penses durant ses courts trajets jusqu'au boulot, voil qu'il repense de plus en plus souvent elle. Ho, ce n'est pas de la nostalgie loin de l, il n'a aucune envie de la revoir, encore moins de recontruire quelque chose, mais juste de la curiosit. Qu'est-elle devenue aprs leur si tumultueuse rupture ? Il la revoie encore, la fentre du 6me tage de son HLM, en pleine nuit, le mascara stri sur ses joues, cherchant entre deux sanglots la force d'hurler une nouvelle fois le prnom de se salaud qui venait de la larguer et qui s'loignait en rasant les murs; ce salaud qui lui avait fait esprer monts et merveilles pendant des mois; cet enfoir dont elle tait follement amoureuse, comme jamais elle ne l'avait t; ce type ignoble; ce Romain.

Il n'tait pas fier de cette rupture, mais pas honteux pour autant. Auprs de ses proches, il batissait sa fausse dculpabilit sur le caractre tremp aux origines italiennes de son ex. Les injures et les indlicatesses qui avaient suivi n'taient que les consquences de ce sale caractre. Oubliant au passage ses propres infidlits, ces anniversaires rats pour cause de soires foot, cet gosme permanent maintes et maintes fois pardonn grce l'amour aveugle qu'elle lui portait.

Tout ceci, c'tait il y a presque un an. Que fait-elle maintenant ? L'a-t-elle oubli ? Son petit orgueil de mec, a encore envie d'tre caress dans le sens du poil. Il retrouve alors son email, et se fend d'un petit mail, o il oublie malencontreusement de lui voquer sa situation actuelle, voir mme o il sous-entend presque un clibatat de longue date. Il y ajoute quelques "tu me manques" lire entre les lignes, et russit le tour de passe d'y soupoudrer quelques excuses. Bref le parfait petit mail mi chemin entre la neutre et asexue prise de nouvelles annuelle, et la dclaration enflamme.

Evidemment il fait mouche. Il jette mme de l'huile sur les braises, puisque ce mail perturbera les jours et les nuits de sa destinatrice, brisant mme par effet d'escalade le fragile couple qu'elle formait depuis quelques semaines avec un garon plein de promesses. Un petit mail de rien du tout qui relance pour quelques mois encore l'affreuse machine de la souffrance et de l'auto-destruction chez cette charmante petite brune qui avait mis tant de temps pour se remettre de sa rupture. Mais, ne voyant que ce qu'elle rvait depuis un an, elle rpondit avec toute sa franchise, sa joie phmre et son amour raviv, ignorant que cette dclaration n'aura aucune rponse, ni dans une semaine, ni dans un mois.

Romain tait juste curieux, pas en manque. Maintenant qu'il sait il aura juste ce petit rictus nerveux d'auto-satisfaction orgueilleuse lors de la prochaine sortie de Gipsy.

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Mardi 19 Avril

categories Rituel quotidien. [22h27] Rituel quotidien.

/images/keys.jpgQuelques dizaines de mtres avant d'arriver, je sors dj mes clefs, comme si cet acte allait me rapprocher un peu plus rapidement de ma destination. Lourde porte vitre, bote aux lettres, ascenseur, palier, porte d'entre.

L'odeur habituelle et rassurante de l'appartement m'envahit. Je dverse porte-feuille, papiers et petite monnaie sur la table du salon. Elle est l, tasse sur le canap, genoux replis, serrs contre sa poitrine, soufflant sur sa tasse de th bien cale entre ses mains, comme si ce recipient avait t model pour occuper exactement l'espace restant entre son menton et ses cuisses. Le fait qu'elle soit toujours en robe de chambre alors qu'il est 19 heures pass, m'indique clairement qu'elle ne se doute mme pas de la temprature extrieure.

Son regard est fix sur la tl, pas mme une pupille dans ma direction, c'est desormais vident. Elle fait la gueule.

Sans grande conviction, je passe alors rapidement en revue les lments en ma possession afin de trouver l'objet du dlit. En vain, naturellement.

J'ose alors une approche et m'avance alors, faussant le naturel :

- Bonsoir !

- Bonsoir ...

Ok, la messe est dite, il y a un abcs vider ce soir.

- Ca va ?

- Ca va ...

Bon. Le signal est clair. Feinter l'ignorance maintenant serait jubilatoire pour l'orgueil mais inutile dans l'objectif de sauver la soire. Il s'avre cependant que je n'ai jamais aim jou ce jeu trs fminin du "Je-fais-la-gueule, -si-tu-sais-pas-pourquoi-t'as-qu'-chercher, -parce-que-pour-moi-c'est-vident, -mais-j'ai-pas-envie-de-te-le-dire".

Je dresse tout d'abord le tableau de sa journe. Seule dans l'appartement rviser, il semble vident qu'elle a marin un truc pas net. Tout juste si elle ne m'en a pas voulu pour le simple fait que je sois sorti alors qu'elle restait la maison. Comme si passer 8 heures de ma journe devant un cran tenter de matriser un client en bulition me rjoussait. Il semble pourtant clair que n'importe quel pretexte a d faire l'affaire aujourd'hui : Promesse de coup de fil non tenue, cafetire pas nettoye ce matin, lunette des WC non rabattue ou simplement une de mes phrases de la veille sortie du contexte et remodele afin de la transformer en motif valable.

J'abandonne avant mme d'avoir commenc et tente lchement une approche crapuleuse de rafale de chatouilles. Echec total, griffure, et pire un "Arrtes, tu me fais mal !" on ne peut plus clair.

S'en suit alors une bonne demie heure de gentillesses et courbettes en tout genre tentant ainsi de me rattraper d'une faute que j'ignore. Travail de fond ayant comme rsultat un sourire demi-effac, mais un sourire quand mme.

Je m'enfonce alors dans la brche en brodant quelques ragots du boulot et du voisinage, appuyant ainsi sur le point faible du commrage qui s'avre trs efficace.

Aprs quelques rires de moins en moins esquisss, je tente la touche de tendresse en reposant ma tte sur ses jambes maintenant dtendues. Mais elle me repousse, se relve brusquement, se tint entre la tl et moi, immobile, me fixant droit dans les yeux avec ce regard de chipie qui ne s'est pas assez dfoule aujourd'hui. Elle sourit, fait mine de partir et au dernier moment, relve sa robe de chambre, dvoilant ainsi l'espace d'une seconde, une paire de fesses nues, puis court vers la chambre en riant...

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Ce soir, rien de tout a. Je rentre dans un appartement vide, personne pour m'attendre, et tous les objets que j'avais disposs a et l dans l'espoir de les voir se ranger tout seul pendant mon absence sont rests dsesprement immobiles.

Aucune surprise, aucun signe, juste quelques lignes pour tenter de dcrire ce qu'une soire idale peut avoir de banal lorsqu'on la vit au prsent...



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Mardi 01 Juin

categories La pilule brsilienne. [15h32] La pilule brsilienne.

/images/pill_plane.pngH-48 - 1h (GMT-4)
Ses doigts de pieds se crispent, une boule de plaisir part de son bas ventre pour exploser sous sa bote cranienne. Il vient de jour. Mon Dieu que c'est bon. Il la regarde, elle sourit, il a du mal a raliser. Il ne sait pas trop comment tout cela est arriv mais c'est indniable maintenant. Ils sont l tous les deux dans sa petite chambre universitaire de l'universit de Rio de Janeiro.

Bientt huit mois qu'il est arriv au Brsil pour une anne d'change universitaire. Il l'a connu ds les premires soires, mais elle lui a rapidement parl de son copain qui l'attend en France. Alors il a flirt avec d'autres, droite gauche, il s'est bien amus, il mordu pleines dents dans cette anne loin de chez lui. Son clibat de plusieurs annes a t balay en quelques semaines.

Mais lorsqu'elle s'est rapproche de lui, qu'elle lui a avou qu'elle tait jalouse, il n'a pas pu rsister, il s'est laiss tenter. La soire alcoolise d'hier a sans doute aid tout cela, mais nul doute qu'ils avaient tous les deux bu dans ce mme objectif.

"Merci", vient-elle de lui murmurer l'oreille. Il ne comprend pas trop pourquoi elle le remercie, mais il sourit. Il l'embrasse furtivement, puis essaye de se retirer avec dignit pour ter ce bout de latex qu'il a eu tant de mal enfiler.

"Ho merde !".

La capote n'a servit rien, impermabilit nulle, dchirure totale.

H-38 - 11h (GMT-4)
Ils ont pourtout eu beaucoup de prsence d'esprit, mais a n'a servit rien. Lorsqu'elle lui a dit qu'elle avait arrt la pilule depuis plusieurs mois, il a senti l'angoisse monter. Lorsqu'elle a ralis qu'elle tait en plein milieu de son cycle, ils se sont rapidement habills.

Mais rien n'y fait. Aucune possibilit d'obtenir une pilule du lendemain. Avec leur portugais hsitant et leurs grosses lacunes en vocabulaire mdical simple, ils ont compris que les seules possibilits d'obtenir cette contraception d'urgence s'effrondaient avec leur status d'tranger. Et ce, malgr la gentillesse et la compassion de la dernire pharmacienne rencontre.

Elle fond en larmes, elle lui dcrit les pires scnarios catastrophes, et finit par lui dire qu'elle n'a aucune intention de quitter son copain en France, et qu'une grossesse serait une catastrophe familliale et scolaire pour elle.

Il n'en mne pas large non plus, mais cette pression sur ses paules lui fait trouver une solution imparable, gniale. Un dclic. Il lui explique, elle sche ses larmes, elle y croit.

H-33 - 21h (GMT+1)
Jeannot est heureux. A poil dans sa salle de bains il se prpare pour sa soire. Il ne connait pas trop le type qui fte son anniversaire, il s'est mme un peu incrust, mais bon, un 150m dans le XVIme, c'est pas comme s'il allait dranger.

Surtout qu'il sait qui il y verra : en plus de la bande habituelle, Maud sera sans doute l. Belle jeune femme rousse, nulle doute qu'elle lui a fait du rentre dedans l'autre soir... mme si elle en a un peu fait tout le monde. Mais cette fois, il ne laissera pas passer sa chance. Il va chercher son shit d'ailleurs pour se donner du courage.

"1 nouveau message". Il n'a pas entendu son tlphone sonner sous la douche : "C sam, rappelle moi au + vite stp.trs urgent.c la cata ici!!".

Putain, il est dj en retard et il faut qu'il appelle son pote d'enfance au Brsil maintenant. Il fait chier Sam.

Pendant qu'il cherche sa carte prpaye 'low fares' d'une main, il se met un coup de do de l'autre...

H-31 - 23h (GMT+1)
Jeannot a la rage. Il a perdu plus d'une demie-heure en scooter chercher cette connerie de pharmacie de garde. Le coup de fil Sam a ruin sa soire. Au lieu de a il se retrouve courir dans les couloirs de Roissy afin de trouver la porte d'embarquement du prochain vol pour Rio. Sam a toujours t plus dou dans les tudes que lui, et il n'y qu'un connard comme lui pour trouver des plans aussi tordus pour pourrir la soire des gens : Trouver un passeur l'aroport pour qu'il puisse rcuprer sa pilule du lendemain dans 12h.

Parce qu'videmment, non content d'abandonner son pote Paris pendant un an pour se barrer l'autre bout du monde, faut encore que bibi sauve ses plans-baise foireux.

Il arrive trop tard, il a pourtant speed comme un malade, mais le message sur les crans de Roissy est clair : "Embarquement ferm". Il demande droite gauche la destination des gens, mais personne pour Rio, il rentre. Il envoye un texto d'echec Sam, et tente de calculer s'il a encore le temps de passer la soire. Un plan baise, mme foireux il dirait pas non le Jeannot ce soir. En plus il a une pilule dans son sac...

H-22 - 5h (GMT-4)
Elle est bout de nerf. Elle est en train de passer en revue sur Internet les avions qui pourraient encore la sauver. Quelle conne. Elle s'en veut mort : tromper son mec avec le premier venu, elle est bien punie. En plus, ce type est totalement irresponsable, il argumente sur des probabilits gyncologiques alors qu'il sait peine comment tout cela fonctionne. Sa seule bonne ide a t de penser au coup du passeur, il a juste fallu qu'il ait un empaf de pote pas foutu d'arriver l'heure l'aroport...

Bingo, elle a son vol. Sa dernire chance. Un autre avion dcolle dans 5 heures de Paris - Charles de Gaulle.

H-19 - 13h (GMT+1)
Pour la deuxime fois en moins de 12heures, Jeannot est l'aroport. Cette fois-i il est dans les temps, mme un peu en avance. Il observe les passagers pour proposer son colis spcial une bonne tte. Mais pour l'instant il ne croise que des couples du troisime ge. Il tente tout de mme sa chance.

Refus. Poli, mais on lui fait comprendre que la confiance n'y est pas. Il ressaye. Refus. Moins poli cette fois. Il retente. Ignorance. Il insiste. Agaement. Il commence se faire remarquer par les types de la scurit.

Il aperoit une htesse, il y va au culot. Elle prend bien le bon avion, il lui explique la situation. C'est une jeune femme, elle semble compatir. Elle hsite, elle demande voir la bote. Puis arrive ce stewart. D'un ton autain il demande ce qu'il se passe, elle lui explique en deux mots. Il baragouine une phrase sur vigi-pirate, et conseille fortement l'htesse de refuser. Elle fait une moue d'excuse et passe le portique avec l'autre connard.

Les passagers sont presque tous passs. Un second vol se mlange alors la fil d'embarquement. Il se fait discret, il retente sa chance. Refus encore. Dpit, il s'loigne et retourne l'enregistrement. Au cas o.

A cot du guichet, une jeune fille attend. Guide du routard qui dpasse du sac dos bond, cheveux en bataille, salopette de voyage. L'adolescente routarde typique. Il s'approche d'elle, lui explique. Elle sourit, elle est d'accord mais, un gros mais, elle n'a qu'un billet ouvert. Elle ne sera qu'au dernier moment si elle peut prendre ce vol.

Il s'en fout, il n'a plus le courage de chercher quelqu'un d'autre. Ca sera elle ou a ne sera personne. Il l'invite prendre un caf. Dans une heure ils seront fixs.

H-17 - 15h (GMT+1)
Il reste une place, elle se dpche. Il lui explique rapidement les modalits l'arrive. Elle file. Il remonte sur son scooter, met son walkman, il est heureux. Il n'a pas vu Maud hier, mais il s'en fout. Il sort son tlphone : "Mission de l'agent Jeannot russie.Le colis arrivera dans 12h Rio.Elle est blonde,elle a une salopette bleue,elle est belle.Bon courage ma poule,n'hesite pas si t'as encore des plans foireux de ce genre.++".

[Cette histoire est absolument relle et s'est droule il y a quelques semaines. Seuls les lieux et les personnes ont t changs afin de conserver leur anonymat.]

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Vendredi 23 Avril

categories Un peu trop d'imagination surgie du pass. [11h44] Un peu trop d'imagination surgie du pass.

/images/neon.gifBientt plus d'une heure que l'on discute. Ses grands yeux noirs m'envotent. Elle me raconte sa vie, ses histoires de coeur, ses angoisses. Elle a besoin de parler, et un inconnu comme moi semble parfait pour ce genre de thrapie.
Sa cinquime bouteille de Smirnoff Ice semble faire de l'effet, elle commence rire et son regard se perd dans les brumes d'alcool.

Machinalement et pour me donner une consistance, je joue avec un paquet de Camel pos sur la table. Elle pose sa main prs de la mienne et me frle imperceptiblement, mais suffisamment pour dclencher un frisson tout le long de mon bras et pour tripler ma pulsation cardiaque.
Elle n'a pas encore parl d'un ventuel copain qui partageait sa vie, elle n'a pas non plus explicit un quelconque clibat. Un signe qui ne trompe pas, la psychologie typique de la fille ne voulant dcourager personne : soit elle a quelqu'un et elle a envie de laisser l'espoir, par curiosit ou par envie; soit elle n'a personne mais ne veut pas passer pour une dsespre. Dans tous les cas, elle ne semble pas avoir envie d'en rester l.

Tout en continuant de parler, son index caresse maintenant discrtement ma main, et un trs lger sourire apparait sur son visage. Je sent alors sa jambe se rapprocher doucement de la mienne, elle entreprend alors un distrait mouvement de haut en bas. Au travers du frottement avec mon jean, je devine son collant et me rappelle alors la jupe mi-longue qu'elle portait en arrivant.

Personne autour de nous semble voir se qu'il se passe. Je dcide donc de prendre les choses en main et je m'approche de son oreille, utilisant ma main pour en carter le rideau de cheveux qui la protgeait. Mon mouvement se prolonge sur sa nuque et son parfum exalte alors, dclenchant une rafale d'images qui me bombarde l'esprit : Je nous vois en train de nous embrasser au pied d'un lampadaire, je la vois en train de courir en talons dans une rue dserte et pave, ses cls et son sac dans une main, moi de l'autre. Je nous vois debout, l'un contre l'autre, elle adosse contre sa porte d'entre, et moi, ma main sur sa cuisse remonte. Je nous vois allongs sur son lit, en train de retirer frntiquement nos vtements, je la vois dgrafer son soutien gorge laissant apparatrait deux seins lgrement excentrs et discrets, mais magnifiques. Je me vois perdu dans son entre-jambe croisant son regard remplit de plaisir. Je nous vois en train de faire l'amour, clairs uniquement par une lumire bleue et tamise, diffuse par le non de l'htel bon march du trottoir d'en face. ..

Juste avant de commencer parler, je m'aperois que la fille de ces images strotypes n'est pas la fille assise en face de moi. Non. Cette dernire me dgote, l'autre m'envote. Le visage que je carresse, les lvres que j'embrasse et la peau que je gote ne peuvent appartenir qu' une seule personne, et il est trop tard pour la rejoindre.

- "Dsol, je dois y aller".

Je sens sa moue vexe derrire mon dos. Plus de mtro je rentre pied.

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Mardi 19 Novembre

categories Test Love Power [19h58] Test Love Power

/images/baiser.jpgLui, il n'avait rien demand. D'accord, il l'avait remarqu, mais sans plus. Enfin, autant qu'il remarque toutes les filles en fait. C'est humain, surtout que son clibat commence lui peser... Tous ces potes sont cass, alors, il est toujours l'affut... ELLE, c'tait une fille de plus, mais comme toutes les autres, inaccessible, trop bien pour lui... Oui, mais voil, elle s'est mise lui parler, rgulirement, puis tous les jours... la pause caf, elle venait le voir, elle lui souriait mme, elle riait ses blagues...

Au dbut, il se disais qu'il se faisait des films, que c'tait juste une fille sympa... Bon, lorsqu'elle s'est mise parler de son copain, il a t un peu deu... Certainement qu'il cultivait un peu l'espoir au fond de lui mme... Mais, les semaines passrent et elle tait de plus en plus proche de lui, elle lui mettait mme la main sur l'paule quand elle lui parlait...

Et l'autre jour, pendant la soire, elle l'a embrass sur la joue, comme a, pendant qu'il parlait, sans raison... a l'a fait mme beaucoup rire, mais lui a l'a perturb toute la nuit... et les nuits suivantes, car de jour en jour elle tait de plus en plus proche de lui, elle l'invitais toutes ses soires, et chaque fois, il n'y avait pas son copain, elle lui a mme pass la main dans les cheveux... Tous ces potes lui disait qu'il tait aveugle, que a sautait au yeux qu'elle tait folle de lui... Alors un soir, il se jetta l'eau... :

"Ca me touche beaucoup tu sais, mais de mon cot, il n'y jamais rien eu que de l'amiti ! Dsol, vraiment que tu l'ais compris ainsi ..."

--

Elle, avec son copain depuis plusieurs mois (voir plusieurs annes), elle a envie du piment du clibat ! Elle a envie de sduire, de jouer ce jeu de sduction, elle a envie de cela ... mais attention, sans jamais aller trop loin, non, jamais de faux pas ! Elle reste fidle. Alors, elle s'amuse avec les clibataires de son entourage, elle virvolte, elle sourit. Elle en a mme repr un pas mal, mais qui ne semble pas vraiment interress par elle. Un dfi pour cette charmante demoiselle ! Elle va tout faire pour le faire craquer... C'est vrai qu'il est sympa, mais il a l'air de ne pas la considrer pour autre chose qu'une amie... Son pouvoir de sduction serait-il affect ? Elle passe donc la seconde pour vraiment le faire craquer...

Enfin il craque, elle savait bien qu'elle pouvait le faire... Mais tout de mme pour qui il se prend... ELLE a un copain tout de mme...

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Une fois de plus, il est dmoralis, dcidement personne n'est fait pour lui... Dgout, coeur, il retourne son boulot, de toute faon, il se sait faire que cela...

['IL', ce n'est pas moi, mais a aurait pu il y a quelques annes... En tout cas des 'IL' et des 'ELLE' il y en a beaucoup trop autour de moi, surtout des 'ELLE'...]

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