Post-Eire - célibat
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12 posts pour la cat�gorie 'célibat'

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Dimanche 20 Septembre

categories Les fruits de mer du bar PMU [19h42] Les fruits de mer du bar PMU

/images/etoilemer.pngLes annes ont pass. Romain et Franois discutent au bar comme tous les mardis soirs aprs leur squash. Clibataires bientt trentenaires, ils aiment se moquer de leur entourage avec machisme et mauvaise foie.

- Et l, elle me sort : "Si t'es aussi con pour ...

Franois s'arrte net. Tel un jeu, avec un lger rictus il fixe du regard quelque chose derrire l'paule de Romain. Ce dernier se retourne et, sans surprise, croise le joli fessier d'une belle jeune femme, dont la dmarche ne laisse aucun doute sur sa certitude d'tre dtaille par tous les regards masculins de la terrasse.

- Laisse tomber, c'est une toile de mer.

- Une toile de mer ? Qu'est ce que c'est encore que cette connerie ?

- C'est le principal dfaut des filles trop belles.

Romain dtaille alors sa thorie. Fort de son exprience, il s'est rendu compte quel point ces filles si certaines de leur pouvoir de sduction et de leur aura ne ressentent pas la ncessit de faire des efforts.

- Srieusement, a a souvent t mes pires coups ! Et depuis, je les surnomme les toiles de mer pour illustrer leur passivit au pieu.

- Mouais, je suis sceptique. J'ai quand mme crois de belles plantes loin d'tre ennuyeuse de ce cot l.

- Tu dis a parce que t'as jamais essay la coquille Saint-Jacques !

- Mon Dieu.

- Sans dconner, en soire, mieux vaut viser la faire valoir complexe, que l'icne des magazines ; tu auras d'avantage de chance de passer un bon moment. Ces filles sans strass ni paillettes ont toujours besoin d'en faire des tonnes pour attirer l'attention et savent faire les efforts qu'il faut, crois moi !

- Alors l, je t'arrtes, j'ai pass mes pires soires avec des filles vraiment pas terribles et pas sres d'elle.

- a c'est parce que tu confonds une coquille Saint-Jacques et un bigorneau.

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Mardi 19 Septembre

categories Le syndrme de l'amphithtre. [21h24] Le syndrme de l'amphithtre.

/images/orangina.pngElle lui fait un sourire, puis s'loigne en direction des toilettes. Il la regarde marcher en compagnie de sa soi-disant meilleure amie, qui n'a pas dit un mot de toute la soire. Son regard se pose sur les mouvements de ses fesses et de ses cuisses rebondies qui semblent bien l'troit dans ce jeans serr.

Ce court moment de solitude lui permet de prendre un peu de recul sur la soire. Il regarde ses collgues de promo se dandiner sur la piste de dance quelques mtres de lui. La bouteille de whisky qui lui a permis de rentrer dans la boite lui fait de l'?il. Il se ressert un verre en pensant qu'il a t bien con de flamber son fric pour impressionner les nanas qui le suivaient l'entre.

Manu se laisse aller sur la banquette que l'alcool rend confortable malgr les nombreuses traces de brlure de cigarette qui la souillent. Il se met alors repenser aux mois prcdents, et notamment la rentre universitaire. Ce premier jour dans son cole d'informatique, il avait fait l'inventaire des filles de la promo en balayant tous les rangs de l'amphi. "C'est pathtique cette anne." avait-il souffl son voisin de banc. Entre les cheveux gras, les crises d'acn tardives, les cellulites disproportionnes et les lunettes triple-foyer, Manu se croyait un casting pour le dernier spectacle des Deschiens.

Puis, au fil des semaines et des mois, ces visages disgracieux devenaient familiers, les formes s'affinaient psychologiquement, et la complicit naissait. Ainsi il fit de moins en moins la fine bouche, et commenait slectionner quelques proies potentielles, pourtant ignores jusqu'alors. L'autre facteur dterminant se dclencha lorsqu'il s'aperut qu'il ne semblait pas le seul avoir ainsi largit son seuil de tolrance, et il se surprit la concurrence avec un bon paquet de la promo pour savoir qui allait s'asseoir cot d'Elizabeth Legrand, pourtant sculpte dans une bouteille d'Orangina.

Quelque part, il avait gagn, car c'est bien elle qu'il venait d'embrasser avant qu'elle ne parte aux toilettes, mais d'un autre cot, il ne pouvait s'empcher de comparer Elizabeth avec les autres inconnues de la soire, et sa victoire devenait alors moins flagrante.

Manu haussa les paules et essaya de se concentrer sur la suite de la soire et sur l'endroit o il avait bien pu ranger ses prservatifs dans sa petite chambre universitaire o il comptait emmener Elizabeth.

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Mercredi 10 Mai

categories Tendre malentendu [19h49] Tendre malentendu

/images/robe.pngVirginie ouvre un ?il. Elle met quelques secondes raliser qu'il est Dimanche, et que non elle n'ira pas travailler aujourd'hui.

Ses volets ne sont jamais ferms, elle adore tre doucement rveille par la lumire du jour. Il lui suffit de tourner la tte pour s'apercevoir que, comme prvu, le temps est maussade aujourd'hui. Mais ceci ne viendra pas perturber ses plans, non, elle se lve et se prpare un th bien chaud pour se donner du courage.

Un peu plus d'une heure plus tard, aprs une douche et une longue hsitation devant sa garde robe afin de trouver la tenue offrant le meilleur rapport mto/jolie/envie, Virginie est dehors. La temprature est agrable, et elle ne regrette pas d'avoir finalement opt pour cette jolie robe rouge...

Elle arrive enfin au muse. Des semaines qu'elle voulait voir cette exposition temporaire, elle est presque fire d'elle d'avoir pu trouver le temps d'y aller.

Au hasard d'une salle, elle croise un couple, et constate vexe que la fille porte une robe identique la sienne. Elle regrette d'avoir pass autant de temps pour si peu d'originalit.

Elle observe discrtement le couple avec jalousie. Lui a l'air si attentionn, ils discutent sur les ?uvres, changent leur point de vue, leur complicit ne fait aucun doute, alors qu'elle, elle est toute seule dans ce muse, sans personne pour l'accompagner. Tout en soupirant face cette injustice, elle s'clipse dans la salle suivante, essayant de balayer ces ides noires en se concentrant sur l'exposition.

Elle tait en passe de russir ce transfert lors, soudain, un bras vint glisser le long de sa taille. Elle ne sut pourquoi, mais elle comprit tout de suite ce qu'il se passait. Elle ferma les yeux. Deux mains se posaient maintenant sur ses hanches. La nonchalance de ce contact la fit frissonner de plaisir car il y avait dans ces gestes quelque chose de tendre et de machinal qui ne peut se construire qu'aprs de longues annes de vie commune. Les mains venaient maintenant de se rejoindre sur son ventre lorsqu'elle sentit la chaleur de tout un corps se rapprocher d'elle. Puis vint ce baiser, vrai dire incomplet, juste un dbut d'esquisse de baiser sur le sommet de son crne, la racine de ses cheveux, mais qui lui parcouru l'chine.

Tout c'tait pass trs vite, une seconde tout au plus, mais juste au moment de l'accomplissement de ce baiser, le corps derrire elle sursauta. Elle ressentit le relchement brusque de l'treinte comme un dchirement.

- "Excusez-moi, je suis dsol", balbutia le jeune homme troubl.

- "Ce n'est rien", lui rpondit Virginie, sans doute avec un sourire niais.

Il partit gn rejoindre la relle destinatrice de cet acte de tendresse dans la salle d' cot.

Virginie resta un moment l, sans bouger, ne sachant pas trop quoi faire, et dans l?impossibilit de se concentrer prsent sur ce qu?elle tait en train de lire. Elle se dirigea donc vers la sortie, en se sentant si stupide d'tre ce point perturbe par un acte anodin.

En partant elle recroisa le couple. L'homme lui adressa un regard discret et embarrass. Elle rentra chez elle, se jeta sur le canap, et sans trop savoir pourquoi, se mit pleurer.

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Vendredi 28 Octobre

categories Fainantise sentimentale. [13h58] Fainantise sentimentale.

/images/sensualite.pngIl ne sait pas vraiment pourquoi il a rpondu son invitation. Il sait bien au fond de lui qu'il n'y a rien d'anodin dans cette visite, ils sont tous les deux clibataires, l'ambigut est certaine. Une partie de lui sait ce qu'il va se passer, l'autre en a peur et lui retourne le bide.

Il sent qu'il vieilli. Il a de plus en plus de mal dtacher le sexe des sentiments. 'Un comble pour un mec' dit la socit, mais c'est un fait. Fini les parties de jambes en l'air sans lendemain, les nuits 'sans engagement' il n'y croit plus. Pour lui ce sont des leurres, puisque la boule dans le ventre est bien relle dans la gestion de 'l'aprs', voir mme, comme bien trop souvent, quand il ne s'agit pas de jalousie ou de possessivit.

Plus rien n'est neutre, l'adolescence est termine, ses partenaires ont leur vie, leurs expriences, un contexte a prendre en compte et sur lequel il a un impact. Il ne peut plus se permettre de repartir comme il est venu, il n'a plus envie de jouer, il veut changer. Plus rien n'est anodin.

Il arrive chez elle. La soire se passe bien, et la complicit s'installe peu peu. Il s'avance petit petit au pied du mur comme si c'tait crit, comme il le savait depuis le dbut, pas de surprise. Elle est belle, elle sent bon, mais il ne peut pas. Pas ce soir. "Je ne suis pas prt" lui susurre-t-il l'oreille. Elle a ce sourire de la dception fataliste. Elle se blottit contre lui. "C'est pas grave".

Il est bien, et c'est bien l tout le problme. Il est tellement bien avec elle qu'il n'a pas besoin de lui faire l'amour pour l'tre d'avantage. Une nuit contre elle est beaucoup plus cher ses yeux qu'une nuit d'amour.

Il espre qu'elle le comprend.

[Ce post est inspir des superbes planches de Laurel.]

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Mercredi 12 Octobre

categories Vade retro clibat [15h06] Vade retro clibat

/images/shield.pngUn clibataire se doit de ne pas tre dsespr. Si vous lui posez la question, il se doit de rpondre "Oui, mais a va hein, je cherche personne, je suis bien comme a". Il y a trois avantages essayer de s'en convaincre :

Eviter les cas sociaux. Faire comprendre qu?il lui reste un minimum de dignit et que non, il ne va pas sauter sur le premier truc qui bouge. Et surtout pas Grard ou Ginette, qui n?attendent que a.

Garder l?air dtach. Ne pas paratre une proie facile, mettre de la distance avec les autres afin de laisser croire au challenge. Il semblerait que le dsespoir fasse fuir. Alors pour conserver un tant soit peu de vie sociale, de sorties, d?amis, il doit garder un peu de confiance en lui sous le coude.

Faire de l?auto-persuasion. Puisqu?il faut bien continuer vivre et se lever tous les matins, autant se persuader que la vie n?est pas si mal tout seul, et qu?en fait il est bien comme a.

Soit. On a donc les trois couches de la coquille du clibataire. Celle qu?il faut sortir publiquement, chaque occasion, tel un bouclier contre les autres.

Mais si on gratte un peu, y?a quoi dessous ?

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Jeudi 06 Octobre

categories Ce qu'on ne trouve pas sur XXL. [08h26] Ce qu'on ne trouve pas sur XXL.

/images/cou.pngOn rsume souvent tort la frustration du clibataire une frustration purement sexuelle. Mais on ne parle pas des batailles de chatouilles le dimanche matin sur le lit, des fous rires sous la douche, des heures refaire le monde, d'une tte sur l'paule, des larmes de crocodile, des regards qui troublent, des odeurs juste l dans le creu du cou, des mains qui serrent fort devant le thriller du vendredi soir, des bouderies pour mieux se rconcilier, des mains dans les cheveux, de celui qui arrivera le premier au bout de la rue, du parapluie trop petit pour protger de l'averse, et de tous ces petits gestes qu'on remarque peine.

Sauf quand ils ne sont plus l.

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Jeudi 22 Septembre

categories  part a, a va. [19h20] part a, a va.

/images/oreos.pngAvant quand je rentrais le soir, j'apprhendais de trouver ma porte ouverte et mon appartement retourn.
Maintenant, quand je rentre le soir, j'espre que quelque chose aura boug preuve d'une autre vie que la mienne dans ces murs.

Avant je rlais parce qu'on avait mang toute ma glace Hagen-Dazs aux oros.
Maintenant, je sors machinalement et inutilement deux cuillres en mme temps que le pot.

Avant il arrivais parfois que a sente le caf et le pain grill le matin.
Maintenant il arrive souvent que a sent la fume de cigarette froide de la soire de la veille.

Avant je frissonnais quand elle plantait ses deux pieds nus glacs entre mes cuisses ds que je rentrais dans le lit.
Maintenant mon bras cherche l'aveuglette pendant mon sommeil quelqu'un rchauffer cot de moi.

Mais tout a n'est rien par rapport l'ultime avantage du quotidien : Je me baisse vachement moins souvent pour relever la cuvette des WC !

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Mercredi 21 Septembre

categories Oeuf givr. [00h01] Oeuf givr.

/images/oeuf.pngJ'ai une crainte dans ma vie, c'est de me laisser enfermer mon propre pige. Bloqu dans la cage que je me suis construite. Je ne sais pas s'il existe des gens qui peuvent supporter la solitude long terme sereinement, mais ce dont je suis sr c'est que je ne suis absolument pas fait pour a.

J'ai besoin de vivre, de courir, de pdaler, de voyager, de parler, de rencontrer, d'observer, de partager, de toucher, de sentir, de caresser, de goter, de douter, de penser, d'agir, d'tre et d'avoir. J'ai besoin de tout a, mais les rails sur lesquelles je suis pos ne me permettent pas toujours de le faire dans les mmes proportions que je le voudrais.

Je ne peux plus rester seul dans mon appartement, au risque de m'y perdre et de trop penser. La solitude fait penser et se poser des questions qu'on ne voudrait pas se poser. J'ai besoin de voir du monde tel un leurre sur ma propre existence. Alors j'appelle, je vois, je rencontre, je parle, je partage mais pas autant que j'ai donner.

Alors le reste, cette nergie non dpense vers l'extrieur se retourne contre moi le soir, seul dans ce lit que personne n'a pu rchauffer et sans personne rchauffer. Ce rabe, ce surplus alimente cette petite boule d'interrogation, ces envies de tour du monde et cette vie d'excs. La pellicule solide de la raison retient pour l'instant le liquide fluorescent de la folie douce.

Mais au bruit, j?ai l?impression qu?elle se fend?

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Mercredi 08 Juin

categories Chass-crois. [16h05] Chass-crois.

/images/couple.jpgLorsque je n'tais encore qu'au coeur de mon ingrate adolescence, j'avais beaucoup de mpris pour ces types de presque 25 ans qui attendaient dans leur belle BMW les nanas les plus sexy du lyce. Elles pavanaient en montant dans la voiture, en ayant pris soin de mettre en valeur leur corps de femme tout neuf. Elles avaient ce petit air paradoxal des filles qui sont encore surprises des formes que leur adolescence leur a modeles, tout en surjouant leur fiert et leur maturit.

On avait beau essayer de se persuader, avec beaucoup de mauvaise foi, que ces filles n'taient pas les plus malignes du lyce, et que de toute faon, mme le plus beau gosse d'entre nous (mme redoublant) n'aurait rien pu faire du simple fait qu'il tait encore au lyce, a mettait un coup notre orgueil. On avait l'impression de se faire piquer des poules du poulailler.

Personnellement, j'ajoutais que ces types devaient vraiment tre des loosers pour se rabaisser faire la sortie des lyces pour pouvoir tirer leur coup. En toute logique la pyramide des ges leurs laissait suffisamment de chance auprs des filles de leur gnration sans qu'ils aient besoin de taper dans nos plate-bandes. Sans compter que les mannequins de 25 ans n'taient pas nombreuses venir chercher des lycens boutonneux en dcapotable. Il y avait donc l un dsquilibre flagrant.

Depuis cette poque, j'ai pris quelques annes, et mon quart de sicle arrive grands pas. Ma position n'a pas radicalement change, mais j'accorde aux chasseurs de pucelles de ma gnration d'avantage de circontances attnuantes. La premire est que, avant qu'elles n'ouvrent la bouche, il tient parfois du challenge de diffrencier une fille de 17 ans d'une femme de 23, surtout une soire avec beaucoup de bruit et d'alcool. Ensuite, il faut avouer que, pass 23-24 ans, le couple devient rapidement le standard majoritaire, et qu'il est moins vident de croiser des clibataires du mme ge tous les coins de rues. Enfin, et surtout, sans vouloir paratre dsobligeant, la tirade du dragueur baratineur a beaucoup plus de succs auprs des naves adolescentes qu'auprs des baroudeuses jeunes femmes, passe depuis longtemps sur la dfensive.

Pour toutes ces raisons, quand, au hasard d'une soire, je croise un ami proche ou mme une connaissance lointaine accompagn d'une partenaire de jeu de plusieurs annes sa cadette, je ne suis plus mprisant, j'ai simplement une pense pour les camarades de lyce de la jeune fille...

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Mardi 19 Avril

categories Rituel quotidien. [22h27] Rituel quotidien.

/images/keys.jpgQuelques dizaines de mtres avant d'arriver, je sors dj mes clefs, comme si cet acte allait me rapprocher un peu plus rapidement de ma destination. Lourde porte vitre, bote aux lettres, ascenseur, palier, porte d'entre.

L'odeur habituelle et rassurante de l'appartement m'envahit. Je dverse porte-feuille, papiers et petite monnaie sur la table du salon. Elle est l, tasse sur le canap, genoux replis, serrs contre sa poitrine, soufflant sur sa tasse de th bien cale entre ses mains, comme si ce recipient avait t model pour occuper exactement l'espace restant entre son menton et ses cuisses. Le fait qu'elle soit toujours en robe de chambre alors qu'il est 19 heures pass, m'indique clairement qu'elle ne se doute mme pas de la temprature extrieure.

Son regard est fix sur la tl, pas mme une pupille dans ma direction, c'est desormais vident. Elle fait la gueule.

Sans grande conviction, je passe alors rapidement en revue les lments en ma possession afin de trouver l'objet du dlit. En vain, naturellement.

J'ose alors une approche et m'avance alors, faussant le naturel :

- Bonsoir !

- Bonsoir ...

Ok, la messe est dite, il y a un abcs vider ce soir.

- Ca va ?

- Ca va ...

Bon. Le signal est clair. Feinter l'ignorance maintenant serait jubilatoire pour l'orgueil mais inutile dans l'objectif de sauver la soire. Il s'avre cependant que je n'ai jamais aim jou ce jeu trs fminin du "Je-fais-la-gueule, -si-tu-sais-pas-pourquoi-t'as-qu'-chercher, -parce-que-pour-moi-c'est-vident, -mais-j'ai-pas-envie-de-te-le-dire".

Je dresse tout d'abord le tableau de sa journe. Seule dans l'appartement rviser, il semble vident qu'elle a marin un truc pas net. Tout juste si elle ne m'en a pas voulu pour le simple fait que je sois sorti alors qu'elle restait la maison. Comme si passer 8 heures de ma journe devant un cran tenter de matriser un client en bulition me rjoussait. Il semble pourtant clair que n'importe quel pretexte a d faire l'affaire aujourd'hui : Promesse de coup de fil non tenue, cafetire pas nettoye ce matin, lunette des WC non rabattue ou simplement une de mes phrases de la veille sortie du contexte et remodele afin de la transformer en motif valable.

J'abandonne avant mme d'avoir commenc et tente lchement une approche crapuleuse de rafale de chatouilles. Echec total, griffure, et pire un "Arrtes, tu me fais mal !" on ne peut plus clair.

S'en suit alors une bonne demie heure de gentillesses et courbettes en tout genre tentant ainsi de me rattraper d'une faute que j'ignore. Travail de fond ayant comme rsultat un sourire demi-effac, mais un sourire quand mme.

Je m'enfonce alors dans la brche en brodant quelques ragots du boulot et du voisinage, appuyant ainsi sur le point faible du commrage qui s'avre trs efficace.

Aprs quelques rires de moins en moins esquisss, je tente la touche de tendresse en reposant ma tte sur ses jambes maintenant dtendues. Mais elle me repousse, se relve brusquement, se tint entre la tl et moi, immobile, me fixant droit dans les yeux avec ce regard de chipie qui ne s'est pas assez dfoule aujourd'hui. Elle sourit, fait mine de partir et au dernier moment, relve sa robe de chambre, dvoilant ainsi l'espace d'une seconde, une paire de fesses nues, puis court vers la chambre en riant...

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Ce soir, rien de tout a. Je rentre dans un appartement vide, personne pour m'attendre, et tous les objets que j'avais disposs a et l dans l'espoir de les voir se ranger tout seul pendant mon absence sont rests dsesprement immobiles.

Aucune surprise, aucun signe, juste quelques lignes pour tenter de dcrire ce qu'une soire idale peut avoir de banal lorsqu'on la vit au prsent...



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Samedi 28 Fvrier

categories Os court, os court ! Il manque ... [14h36] Os court, os court ! Il manque ...

/images/desir.jpgLes pupilles sont dilates, les mains fbriles, les nuits agites. La frustration du clibat se fait sentir parmis les Erasmus.

Alors que beaucoup de couples se forment et se dforment dans cet immense melting-pot que crent les nombreuses soires, certains restent en marge. Volontairement ou invonlontairement.

L'envie de s'abandonner, de se livrer, d'avoir quelqu'un sur qui se reposer devient pressante. Ainsi, les prises de courage tardives des derniers mois, l'arrive de l'chance du dpart, devraient voir arriver leurs lots de couples tant attendus.

De l faire le parallle avec l'isolement des militaires, il n'y a qu'un pas. Mais heureusement, le sentiment de frustration sexuelle n'est pas aussi violent ici.

Quoique...

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Mardi 19 Novembre

categories Test Love Power [19h58] Test Love Power

/images/baiser.jpgLui, il n'avait rien demand. D'accord, il l'avait remarqu, mais sans plus. Enfin, autant qu'il remarque toutes les filles en fait. C'est humain, surtout que son clibat commence lui peser... Tous ces potes sont cass, alors, il est toujours l'affut... ELLE, c'tait une fille de plus, mais comme toutes les autres, inaccessible, trop bien pour lui... Oui, mais voil, elle s'est mise lui parler, rgulirement, puis tous les jours... la pause caf, elle venait le voir, elle lui souriait mme, elle riait ses blagues...

Au dbut, il se disais qu'il se faisait des films, que c'tait juste une fille sympa... Bon, lorsqu'elle s'est mise parler de son copain, il a t un peu deu... Certainement qu'il cultivait un peu l'espoir au fond de lui mme... Mais, les semaines passrent et elle tait de plus en plus proche de lui, elle lui mettait mme la main sur l'paule quand elle lui parlait...

Et l'autre jour, pendant la soire, elle l'a embrass sur la joue, comme a, pendant qu'il parlait, sans raison... a l'a fait mme beaucoup rire, mais lui a l'a perturb toute la nuit... et les nuits suivantes, car de jour en jour elle tait de plus en plus proche de lui, elle l'invitais toutes ses soires, et chaque fois, il n'y avait pas son copain, elle lui a mme pass la main dans les cheveux... Tous ces potes lui disait qu'il tait aveugle, que a sautait au yeux qu'elle tait folle de lui... Alors un soir, il se jetta l'eau... :

"Ca me touche beaucoup tu sais, mais de mon cot, il n'y jamais rien eu que de l'amiti ! Dsol, vraiment que tu l'ais compris ainsi ..."

--

Elle, avec son copain depuis plusieurs mois (voir plusieurs annes), elle a envie du piment du clibat ! Elle a envie de sduire, de jouer ce jeu de sduction, elle a envie de cela ... mais attention, sans jamais aller trop loin, non, jamais de faux pas ! Elle reste fidle. Alors, elle s'amuse avec les clibataires de son entourage, elle virvolte, elle sourit. Elle en a mme repr un pas mal, mais qui ne semble pas vraiment interress par elle. Un dfi pour cette charmante demoiselle ! Elle va tout faire pour le faire craquer... C'est vrai qu'il est sympa, mais il a l'air de ne pas la considrer pour autre chose qu'une amie... Son pouvoir de sduction serait-il affect ? Elle passe donc la seconde pour vraiment le faire craquer...

Enfin il craque, elle savait bien qu'elle pouvait le faire... Mais tout de mme pour qui il se prend... ELLE a un copain tout de mme...

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Une fois de plus, il est dmoralis, dcidement personne n'est fait pour lui... Dgout, coeur, il retourne son boulot, de toute faon, il se sait faire que cela...

['IL', ce n'est pas moi, mais a aurait pu il y a quelques annes... En tout cas des 'IL' et des 'ELLE' il y en a beaucoup trop autour de moi, surtout des 'ELLE'...]

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