Mardi 19 Septembre 2006
Elle lui fait un sourire, puis s'éloigne en direction des toilettes. Il la regarde marcher en compagnie de sa soi-disant meilleure amie, qui n'a pas dit un mot de toute la soirée. Son regard se pose sur les mouvements de ses fesses et de ses cuisses rebondies qui semblent bien à l'étroit dans ce jeans serré.
Ce court moment de solitude lui permet de prendre un peu de recul sur la soirée. Il regarde ses collègues de promo se dandiner sur la piste de dance à quelques mètres de lui. La bouteille de whisky qui lui a permis de rentrer dans la boite lui fait de l'œil. Il se ressert un verre en pensant qu'il a été bien con de flamber son fric pour impressionner les nanas qui le suivaient à l'entrée.
Manu se laisse aller sur la banquette que l'alcool rend confortable malgré les nombreuses traces de brûlure de cigarette qui la souillent. Il se met alors à repenser aux mois précédents, et notamment à la rentrée universitaire. Ce premier jour dans son école d'informatique, il avait fait l'inventaire des filles de la promo en balayant tous les rangs de l'amphi. "C'est pathétique cette année." avait-il soufflé à son voisin de banc. Entre les cheveux gras, les crises d'acné tardives, les cellulites disproportionnées et les lunettes triple-foyer, Manu se croyait à un casting pour le dernier spectacle des Deschiens.
Puis, au fil des semaines et des mois, ces visages disgracieux devenaient familiers, les formes s'affinaient psychologiquement, et la complicité naissait. Ainsi il fit de moins en moins la fine bouche, et commençait à sélectionner quelques proies potentielles, pourtant ignorées jusqu'alors. L'autre facteur déterminant se déclencha lorsqu'il s'aperçut qu'il ne semblait pas le seul à avoir ainsi élargit son seuil de tolérance, et il se surprit à la concurrence avec un bon paquet de la promo pour savoir qui allait s'asseoir à coté d'Elizabeth Legrand, pourtant sculptée dans une bouteille d'Orangina.
Quelque part, il avait gagné, car c'est bien elle qu'il venait d'embrasser avant qu'elle ne parte aux toilettes, mais d'un autre coté, il ne pouvait s'empêcher de comparer Elizabeth avec les autres inconnues de la soirée, et sa victoire devenait alors moins flagrante.
Manu haussa les épaules et essaya de se concentrer sur la suite de la soirée et sur l'endroit où il avait bien pu ranger ses préservatifs dans sa petite chambre universitaire où il comptait emmener Elizabeth.
Lundi 23 Février 2004
Sauf erreur de la part de la chère administration de cette charmante université irlandaise qu'est DCU (qui n'en serait pas à sa première bourde), j'ai validé tous mes modules, et par conséquent l'ensemble de mon premier semestre. Ni haut la main, ni au ras des paquerettes, mais suffisament pour que je sois assez satisfait étant donné mon niveau d'anglais. Mes résultats, exprimés en pourcentage vont de 40% à 96%.
Il semblerait donc que le sort s'acharne pour que j'arrête définitivement les cours et que je me concentre activement sur la recherche de mon premier vrai salaire. Je n'y voit aucun inconvénient, bien au contraire, je demanderais juste au sort de bien vouloir attendre que je termine mon semestre Irlandais afin d'enterrer comme il se doit ma vie étudiante.
Pour ce faire, je me dois de rationnaliser certaines choses, et d'en déraisonner beaucoup d'autres...
Vendredi 19 Décembre 2003
72 heures, 2 repas, 1L de coca, 6 bols de café, 7 heures de sommeil, et 3 projets rendus, avec rapports en anglais, s'il vous plait !
Bon, je ne parierai pas sur le résultat, mais c'est rendu, c'est déjà ça.
Du coup, j'étais fin prêt pour la DCU Chrismas Party au .... RedBox évidemment. Et dire que je fuis de façon épidermique toute ce qui ressemble de près ou de loin à une boite en France, et qu'ici je me retrouve tous les jeudi soirs là bas...
Enfin je serais toujours étonné d'observer le pouvoir de valorisation du blouson noir rembourré et de l'oreillette sur les petites personnalités influençables des vigils. Ainsi que de l'utilité d'un DJ (voir 2) lorsque les chansons sont toujours diffusées à la même heure, et dans le même ordre toutes les semaines.
C'est vers 4h du matin, sur le chemin du retour que je me suis alors aperçu que je venais de finir la dernière semaine de cours de toute ma vie. Fini les amphis, les TP, les retards. Il ne me reste plus que mes partielles à la fin du mois de Janvier pour clôturer définitivement ma scolarité. Etrange sentiment que de mettre un point au bout de cette ligne aux multiples virgules, aux quelques ratures et surtout aux nombreux noms propres qui la composent...
"A la ligne."









