Dimanche 02 Avril 2006
La plupart des femmes autour de moi ont le plus souvent usé de divers atouts dans leur jeu de séduction, du plus simple au moins économique. Quels que soient ces artifices, de la plus petite nuée de parfum bon marché au plus cher des mascaras volumisateurs, ils sont éphémères, car presque toujours, le même manége, ce morceau de coton qui vient mettre fin à ces amplificateurs d'atouts physiques.
Elle observe alors son reflet soigneusement se transformer en clown triste, le mascara étalé l'espace d'un instant sur les joues où la couche de fond de teint laisse réapparaitre les impuretés d'une peau qui a vécu les guerres de l'acnée juvenile et de la varicelle infantile.
J'ai toujours trouvé ce moment triste et amer, comme un révélateur de fin de soirée manquée puisque en cas de rencontre fortuite, la pause démaquillage est bien souvent oubliée : "Tant pis pour ses oreillers, il n'avait pas qu'à m'inviter boire un verre."
Et pourtant, de tous ces artifices, il y en est un qui me fait plus d'effets que tous les autres, un qui me rassure, me renvoyant aux baisers de bonne nuit de ma mère dans ma plus tendre enfance, ou des premières nuits à attendre fébrilement dans un lit vide qu'une demoiselle morte de trouille ressorte gênée en nuisette de la salle de bain. C'est l'odeur du lait démaquillant.
Jeudi 29 Avril 2004
J'avoue je me drogue. Et en plus je fais ça en pleine rue. Je prends sans doute des risques inconsidérés mais c'est plus fort que moi.
Le pire c'est que ça me prend d'un coup, sans prévenir. Je marche et j'aperçois alors, au loin, une proie potentielle venant dans ma direction. J'accèlere alors ma cadence de marche et je me rapproche de la trajectoire de la victime, tout ceci afin d'augmenter le courant d'air ainsi crée lors du croisement.
Lorsqu'elle est à un mètre de moi, je ferme les yeux et j'expire l'intégralité de l'air de mes poumons. Lorsque je sens les premiers signes de la "brise de croisement", j'inspire un grand coup, et je m'enivre du parfum de printemps de la demoiselle ainsi croisée.
Voilà, j'avoue, je suis drogué aux parfums, et je ne me soigne même pas.










