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<title>Post-Eire</title>
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<description>Réflexions ouvertes d'un dépressif Erasmus</description>
<language>fr</language>
<copyright>Copyright 2002-2005, Kitof</copyright>
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<title>Post-Eire</title>
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<pubDate>Fri, 16 Oct 2009 01:57:24 GMT</pubDate>
<title>Attends-moi</title>
<description>Eric vient de rentrer. Après plus d'un an autour de la Chine. Il a vécu des moments extraordinaires, mais il n'a pas de mots pour les décrire. Il ressasse ces évènements dans sa tête en errant dans son petit appartement parisien. Il lui manque quelque chose.

Tous ces amis et des centaines d'inconnus lui ont démontré à quel point il avait de la chance d'avoir fait ce voyage. Il a vu de l'envie dans les yeux de ces interlocuteurs. Ils ont sans doute raison, mais il lui manque quelque chose.

Il a quitté son taf avant de partir. Il sait qu'il ne devrait pas avoir de grandes difficultés a en retrouver dans son domaine, et avec son expérience. Mais il n'a pas envie malgré ses galères de thunes. Sans doute, parce qu'il lui manque quelque chose.

Il s'en doutait, mais le savoir le détruit. Elle ne l'a pas attendu. Elle a déménagé, partie vivre avec un type à la Rochelle, des projets de mariage apparemment.

18 mois auparavant, il a fait ce choix  : "Je pars. Pour nous deux, je ne sais pas ...".

Sa réponse résonne dans sa tête, il ne peut s'en défaire : 

- "Tu sais, il y a deux sortes de vie : Les vies heureuses, et les vies qui ont un sens. Je ne t'en veux pas de faire ton choix, ne m'en veux pas de faire le mien ..."

Eric veut repartir. Vite.

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<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 00:34:00 GMT</pubDate>
<title>Lasse de t'effleurer</title>
<description>Article 227-27 du Code pénal :
Les atteintes sexuelles sans violence, contrainte, menace ni surprise sur un mineur âgé de plus de quinze ans et non émancipé par le mariage sont punies de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende lorsqu'elles sont commises par une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions.

Il avait beau le savoir, lu en toutes lettres, ça lui glace le sang. A bientôt 26 ans, Guillaume enseigne au lycée Toulouse-Lautrec. La rentrée n'a pourtant eu lieu que depuis trois semaines et il est complétement perdu.

En fin d'année dernière, il l'avait bien croisée dans les couloirs, cette jolie brune aux yeux verts; mais comme toutes ces jeunes filles fières de leur corps de femme tout neuf, elles n'en restaient pas moins que des enfants à ses yeux.

Cette année, fort de son séjour estival au Québec, il avait décidé d'ajouter une dose de cohésion forte au sein de ses cours. Persuadé que la philosophie ne peut se comprendre uniquement dans les livres ou dans une salle de classe, il organisait des rencontres philosophiques au café du lycée, à deux pas.

La première semaine avait été mitigée. Les élèves étaient mal à l'aise de boire des pintes avec un prof du lycée. Puis les rencontres s'étaient détendues, un noyau dur commençait à se former et à l'écouter avec beaucoup plus d'attention qu'en cours. Il encourageait également les élèves à s'exprimer avec conviction, à interagir entre eux et à le tutoyer. Certains habitués du bar, qui avaient pourtant largement dépassé l'âge d'être au lycée, participaient également aux conversations avec engouement.

Puis, doucement, en filigrane, il commença à en apprendre davantage sur ces élèves, sur leur vie privée, sur leur personnalité, sur leurs échanges. Il apprit au détour de quelques conversations les rapports tendus entre Dorothée et Mickaël qui entretenaient une relation l'année dernière, il su que Damien ne voulait pas rentrer chez lui parce que sa mère allait de toute manière rentrer plus tard que lui, il vit que Tristan sortait systématiquement du bar en titubant. Puis il y avait Géraldine.

Elle ne se tenait jamais bien loin de lui, toujours à porté de regard. Sa voix était douce, mais avec un timbre plein d'assurance. Elle intervenait souvent à bonne escient et lui parlait droit dans les yeux. C'est d'ailleurs ce regard qui avait commencé à devenir pesant, ces grands yeux verts l'envahissaient de plus en plus et il en était de plus en plus mal à l'aise.

Puis il se mit à la regarder. Il se surpris à l'épier lorsqu'elle allait commander au bar, à lui sourire pour un rien, et tout simplement à la voir comme une femme attirante. Ensuite, il eut du mal à trouver le sommeil : toutes ses pensées se concluaient sur son visage, sur ses formes ou sur son parfum.

Durant les jours qui suivirent, il feinta l'ignorance et tenta de sauver les apparences, mais rien ne se passa comme prévu. En réalité, plus il essayait d'agir normalement, plus elle l'attirait et plus il perdait ses moyens. Au fond de lui, une force insurmontable souhaitait qu'elle sache l'effet qu'elle avait sur lui : Des mains qui s'effleurent, des sourires gênés, des regards appuyés, et autant de signes qui s'accumulèrent, sans jamais dépasser la ligne jaune. Jusqu'à hier soir.

La fin d'après-midi avait débuté comme prévu. Il avait rejoint une poignée d'élèves au bar et il avait prévu d'aborder aujourd'hui un des sujets du bac de l'année dernière : "Est-il absurde de désirer l'impossible ?". Elle était là. Il s'assit à coté d'elle et présenta le sujet. Au bout d'une heure, elle s'approcha de lui, et lui glissa à l'oreille : "Est-il absurde de désirer son enseignant ?". 

Il sourit. Il ne trouva aucune répartie à rétorquer. Alors qu'il aurait habituellement balayé d'un revers de main cette avance déplacée, il était paralysé. Il savait qu'elle avait compris son malaise à son petit sourire de fierté qu'elle abordait. Cette messe basse n'avait pas échappé aux autres élèves, tout comme le petit jeu de ces dernières semaines qui alimentait les rumeurs. Quelques railleries fusèrent. Il sut les faire taire avec brio et lança efficacement un nouveau débat.

Puis vint la fin de soirée. Il avait un peu forcé sur les dernières pintes, et le bar commençait à se vider. Géraldine était toujours là avec quelques élèves, comme si elle attendait que quelque chose se passe. Pris d'un éclair de lucidité, il sût qu'il fallait mettre les choses au clair, il prépara son discours manichéen dans sa tête et lui proposa de la raccompagner. Cela alimenterait encore un peu plus les rumeurs, mais "c'est un mal pour un bien", se dit-il.

En chemin, il se jeta à l'eau :

- Tu sais que ça ne va nous mener nul part ce petit jeu ?

- Je sais, mais c'est plus fort que moi. Je n'en peux plus, je n'imagine pas continuer ainsi.

- Mais tu es mineure, je peux perdre ma place et bien plus encore !

- Oui, mais je te plais non ?

Elle observait avec attention sa réaction. Il s'arrêta net comme pour donner de la solennité à l'instant. L'éclairage urbain donnait un reflet extraordinaire à son visage. Elle était belle. Avant qu'il ne puisse comprendre comment, son discours s'envola dans les méandres de son esprit, et ses lèvres étaient posées sur les siennes. Son parfum l'envouta, il glissa ses mains sur ses hanches et profita de ces quelques secondes comme d'un moment rare qu'il devait mémoriser sans s'attarder.

- Il vaut mieux en rester là.

- Non attends ... tu écoutera ça, la première, lui dit-elle en lui glissant son lecteur MP3 dans la poche.

Il s'éloigna, puis l'observa rentrer chez elle.

Il n'a pas trouvé le sommeil cette nuit. Depuis plusieurs heures maintenant il repasse en boucle cette chanson, sans trouver de solution mais avec une irrésistible envie de goûter à l'interdit.

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Et maintenant ?</description>
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<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 19:42:27 GMT</pubDate>
<title>Les fruits de mer du bar PMU</title>
<description>Les années ont passé. Romain et François discutent au bar comme tous les mardis soirs après leur squash. Célibataires bientôt trentenaires, ils aiment se moquer de leur entourage avec machisme et mauvaise foie. 

- Et là, elle me sort : "Si t'es aussi con pour ...

François s'arrête net. Tel un jeu, avec un léger rictus il fixe du regard quelque chose derrière l'épaule de Romain. Ce dernier se retourne et, sans surprise, croise le joli fessier d'une belle jeune femme, dont la démarche ne laisse aucun doute sur sa certitude d'être détaillée par tous les regards masculins de la terrasse.

- Laisse tomber, c'est une étoile de mer.

- Une étoile de mer ? Qu'est ce que c'est encore que cette connerie ?

- C'est le principal défaut des filles trop belles.

Romain détaille alors sa théorie. Fort de son expérience, il s'est rendu compte à quel point ces filles si certaines de leur pouvoir de séduction et de leur aura ne ressentent pas la nécessité de faire des efforts.

- Sérieusement, ça a souvent été mes pires coups ! Et depuis, je les surnomme les étoiles de mer pour illustrer leur passivité au pieu.

- Mouais, je suis sceptique. J'ai quand même croisé de belles plantes loin d'être ennuyeuse de ce coté là.

- Tu dis ça parce que t'as jamais essayé la coquille Saint-Jacques !

- Mon Dieu.

- Sans déconner, en soirée, mieux vaut viser la faire valoir complexée, que l'icône des magazines ; tu auras d'avantage de chance de passer un bon moment. Ces filles sans strass ni paillettes ont toujours besoin d'en faire des tonnes pour attirer l'attention et savent faire les efforts qu'il faut, crois moi !

- Alors là, je t'arrêtes, j'ai passé mes pires soirées avec des filles vraiment pas terribles et pas sûres d'elle.

- Ça c'est parce que tu confonds une coquille Saint-Jacques et un bigorneau.</description>
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<pubDate>Sat, 27 Dec 2008 23:14:31 GMT</pubDate>
<title>Un instant anodin</title>
<description>Elle l'observait, adossé contre le mur, à quelques mètres d'elle, en train d'avaler machinalement quelques cacahuètes pour accompagner la bière bon marché qu'il tenait dans l'autre main.

- Noémie ? T'en penses quoi ?

Merde, elle s'était pourtant juré de feinter l'intérêt envers son chef de service.

- Heu ... Non, mais sur le principe je suis d'accord, tenta-t-elle par réflexe en essayant de faire le lien avec la dernière phrase qu'elle avait écoutée.

- Tu vois, on est tous d'accord : Hugues a fait une connerie en acceptant la fusion des équipes. On va dans le mur pour boucler notre budget.

Elle avait acquiescé, son abruti de chef pouvait continuer son monologue en pensant captiver l'assistance. Franchement, hormis le petit nouveau qui buvait ses paroles comme dans un rite initiatique, elle ne voyait pas qui, parmi les 4 personnes autour d'eux, pouvait encore trouver de l'intérêt dans son raisonnement. C'est tout de même dingue qu'il ne leur foute même pas la paix durant les rares moments de détente entre collègues qu'offrent ces pots de fin de journée. Alors ok, le pot d'arrivée de Stéphanie, la dernière du service comptabilité, est un peu léger : Bières 1er prix, cacahuètes, et quelques jus de fruit; mais qu'il saisisse au moins le prétexte pour leur parler d'autres choses que de ces conneries de budget qui n'intéressent que lui.

Noémie s'éloigna pour se rapprocher du vrai objectif de la soirée : Jean-Marc. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, ce type travaillait dans la même boite qu'elle depuis plus d'un an, elle ne l'avait pourtant remarqué que depuis la semaine dernière : Ils avaient pris l'ascenseur ensemble, échangés 2 mots, mais elle avait senti un malaise qui l'avait poursuivi depuis. Il n'y avait absolument rien de rationnel là dedans, il était l'antithèse de son type d'homme, il était plus âgé qu'elle (enfin elle en avait l'impression), et surtout elle s'était promis de s'éloigner de ses collègues selon le bon vieil adage : Amour et travail ne font pas bon ménage.

Et pourtant, elle était attirée par lui d'une manière complètement incontrôlée. Elle ne savait rien de lui, pire encore, elle avait une quasi-certitude qu'un homme comme lui ne pouvait pas vivre seul. Mais peu importe, elle ne pouvait se résoudre à l'ignorer et à ne pas saisir l'opportunité rare qu'offrait ce bizutage d'arrivée dans le monde professionnel de Stéphanie. Elle s'était même surprise à rechercher la page Facebook de Jean-Marc, mais sans succès, elle allait donc devoir improviser pour amorcer son approche.

Bingo, ce cher Xavier, son co-bureau, est maintenant tout proche de lui, elle a donc une raison presque valable pour se rapprocher de ce petit groupe agglutiné autour du bol de cacahuètes. Elle y est. Elle sourit. Elle se sent ridicule. Elle pense que tout le monde sait pourquoi elle est là. Ca y est, il l'a vu. Aucune réaction. Elle est dingue. Elle se sent possédée par une volonté qui n'est pas la sienne, elle a une boule dans le ventre. 

Plus elle reste là, plus elle se sent ridicule. Elle n'arrive plus à stopper le cheminement de ses pensées. Xavier s'éloigne, elle reste, alors qu'elle ne connait dorénavant plus personne autour d'elle. Putain, et voilà maintenant qu'elle se retrouve tout proche de lui, elle arrive même à sentir son odeur. Son odeur bordel. Son parfum l'envoute de plus bel, il sent super bon. Ce n'est pas possible, il faut qu'elle tente quelque chose. Elle tente de se concentrer pour écouter les conversations. Le sujet tourne autour de la crise financière, pas terrible, mais elle peut s'en sortir. Elle prépare une phrase super constructive, qui va dans le sens de la dernière intervention de Jean-Marc. Elle se lance :

- Non, mais moi je pense que ...

- Bon, moi j'y vais, ma femme mattend. Bonne soirée.

- Bonne soirée ...

Jean-Marc venait de lui glacer le sang, elle feinta le sourire le plus faux qu'elle pouvait réaliser, finit sa phrase, puis rentra chez elle. Elle se rassura en pensant que personne ne saura jamais comment cet instant d'une banalité affligeante pouvait avoir eu une telle intensité pour elle.
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<pubDate>Wed, 30 Apr 2008 21:50:19 GMT</pubDate>
<title>Inégalité implicite.</title>
<description>Michel est heureux. En couple depuis bientôt 3 ans, il a quelques fois du mal à réaliser le chemin parcouru ces derniers années.

Le temps où il tentait de construire une vie seule, ayant perdu l'espoir de rencontrer quelqu'un pour construire un bout de vie, lui semble maintenant très loin. La chance lui a souri un matin de Mai 2005 en plaçant sur son chemin ce petit bout de femme dont il promettra dans quelques mois de chérir jusqu'à que la mort les sépare.

Il y a quelques jours, il a même remplit son profil "copains d'avant". Il a avec fierté coché la case "Ma vie est plus réussie que je l'imaginais", telle une revanche sur sa scolarité chaotique, et un message envers ses anciens amis de collège qu'il ne voyait plus.

Ses débuts de vie de couple n'avaient pourtant pas été simples. Il n'avait pas d'expérience dans le domaine et personne ne l'avait réellement prévenu. Il avait dû apprendre à faire des concessions, à écouter et à prendre en considération un autre avis que le sien. Ses quelques années de vie célibataire lui avaient donné, semble-t-il, de biens mauvaises habitudes.

Néanmoins, dans la continuité de l'éducation qu'il avait reçu, il restait un aspect de la vie de couple qu'il mettait un point d'honneur à respecter : Le partage des tâches ménagères. Il voulait faire partie de ces couples modèles du 21ème siècle où la tenue de la maison, et l'éducation des enfants sont équitablement répartis entre le père et la mère. Il n'avait pas encore d'enfant, mais il participait à part égal dans la préparation des repas, les lessives, le repassage, le ménage et les courses.

Fin observateur, il constatait cependant le comportement étrange d'Amélie lorsqu'il s'agissait de s'activer avant de recevoir ses parents à déjeuner : Elle était angoissée, et elle ne sollicitait son aide que rarement. Il essayait de se rendre utile, mais tout tentative s'avérait infructueuse, car elle repassait derrière en râlant. Seuls les repas lui étaient autorisés, mais avec un certain nombre de directives.

Il était évident qu'elle se mettait une pression démesurée sur ces visites. Mais en y réfléchissant, malgré l'égalité des sexes acquise, il se demandait si la mère d'Amélie n'allait pas juger d'avantage sa fille que lui-même au travers de la propreté de cette maison. De la même manière qu'il avait le droit à une réflexion pour toute erreur de bricolage ou de voiture.

"Les carquants culturels de la discrimination sexuelle ont encore de beaux jours devant eux." pensa-t-il en rangeant le manteau de sa future belle mère dans la penderie.

De son côté, Amélie voyait les choses différemment. Elle avait clairement l'impression de dépenser beaucoup plus d'énergie que son conjoint dans les tâches ménagères. A chaque fois qu'elle sollicitait son aide, elle avait le droit à un "Oui, oui, j'arrive" très motivé, mais très peu suivi d'effet : Une heure après la demande, Michel semblait toujours aussi inspiré par le contenu de son écran.

Le plus souvent, pour ne pas passer pour la mégère de service, elle préférait faire par elle-même plutôt que de redemander une seconde fois. Cette stratégie avait en plus l'avantage de la placer en victime afin d'obtenir d'autres faveurs dans la journée...

La seule tâche qui semblait toutefois motiver Michel était la préparation des repas. Mais attention, pas n'importe quand. Elle avait la plupart du temps en charge l'alimentation du quotidien, la plus pesante, celle du soir en rentrant du boulot où les frigos sont à moitié vide. Michel lui mettait un point d'honneur à se rendre utile lors de repas d'importance, ceux où ils invitaient du monde à la maison.

Il mettait alors le grand soin dans la préparation des ingrédients et dans le choix de la recette dans le grand livre de cuisine que lui avait offert sa mère. Il servait le vin le plus adapté, et il hochait modestement la tête lorsque les convives lui faisaient des compliments enjoués. C'est uniquement dans ce cadre valorisant et dans lequel il avait des modèles d'hommes grand cuisinier auxquels s'identifier, qu'il s'autorisait une telle motivation dans les tâches ménagères.

"Les carquants culturels de la discrimination sexuelle ont encore de beaux jours devant eux", pensait en silence Amélie.</description>
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<pubDate>Thu, 30 Aug 2007 20:28:07 GMT</pubDate>
<title>Même sans odeur</title>
<description>Je pense avoir de vagues notions en électromagnétisme et en physique en générale. Cette science me permet d'obtenir une explication plus ou moins rationnelle à la majorité des évènements constatés au quotidien.

Un mystère persiste cependant, j'ai beau essayer de l'empêcher lorsque j'en ai l'occasion, d'en modifier tout du moins un peu le comportement, rien n'y fait :

"La place de l'autre dans le lit, le matin au réveil, émet une attirance irrésistible une fois vide, contre laquelle il est impossible de résister lorsqu'on est plongé dans un demi sommeil."</description>
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<pubDate>Mon, 02 Apr 2007 21:05:36 GMT</pubDate>
<title>A la recherche de la cinquième roue du carrosse.</title>
<description>Amour, travail, famille, amitié. Quoi que je fasse je ne peux pas réussir en parallèle sur tous les tableaux à la fois. Dans la grande naïveté qui me caractérise, je pensais pouvoir allier tous ces éléments dans une harmonie parfaite, je m'aperçois à quel point il est difficile de maintenir cette émulsion instable.

Ces quatre valeurs ne sont pourtant pas sur un pied d'égalité dans la mentalité de notre société. En effet, le travail étant la valeur la moins humaine, il est acquis que s'y investir à outrance est très mal perçu par la morale collective. Pourtant comment négliger plus de 8 heures par jour de notre quotidien ? Comment passer à coté de cette source de valorisation financière et humaine ? Mépriser son travail équivaut à mépriser la plus grande partie de ses journées, ce qui devient particulièrement malsain..

Evidemment, il faut parfois s'accrocher à ses valeurs, ravaler ses illusions, et lutter contre la tentation d'établir des relations saines dans ce panier de crabe que constitue l'entreprise. Et pourtant, j'essaye, sans doute avec un masochisme certain, d'extraire le meilleur de ces relations particulières, même si elles se terminent le plus souvent à mes dépends.

Quant à l'amitié, je ne peux concevoir ce que serait ma vie sans cette bouffée d'oxygène qui a participé en grande partie à la construction de mes convictions, de mon caractère et de ma personnalité. Du meilleur de mon adolescence, aux nuits passées à refaire le monde, j'y ai laissé mes plus grands fous rires et élaboré mes plus grands rêves l'espace d'une soirée.

De l'amitié à l'amour il n'y a parfois qu'un pas, mais d'amour nous en recherchons qu'un. Cette quête du Graal, qui me fascine tant, revêt le plus souvent les habits de la priorité absolue parmi les quatre préceptes mis ici en avant. Pour certains, il s'agit d'une simple expression de nos gênes primitifs de reproduction, pour d'autres, cela apparait comme l'aboutissement de l'existence humaine. Pourtant, quelle énergie dépensée au travers de cette recherche de l'autre et de la construction d'un projet commun ! Quels stratagèmes et réflexions engagées dans ce seul but !

Je resterais sans doute encore longtemps fasciné par les tenants et les aboutissements de cette lutte acharnée qu'est l'amour et la séduction. Sur cette recherche de la certitude absolue de faire les bons choix, alors que l'incertitude n'est plus que jamais de rigueur dans ce domaine.

Enfin, la famille, car tout commence et tout se termine sur cette dernière valeur souvent négligée, mais toujours retrouvée. Cette certitude qui pousse vers l'ingratitude afin de voler vers d'autres incertitudes. Celle où l'on peut se retrouver pour oublier tout le reste et ne garder que l'essentiel.

Je jongle à quatre balles pour constater, en fin de compte, la très bonne stabilité du trépied.</description>
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<pubDate>Sat, 24 Feb 2007 13:18:50 GMT</pubDate>
<title>3 semaines et une nouvelle vie...</title>
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<pubDate>Fri, 05 Jan 2007 20:59:07 GMT</pubDate>
<title>Les blogs sont morts, vive le blog</title>
<description>Après Flaoua et Vinvin (et d'autres ici et là), je continue à ma manière ces réflexions de vieux cons du blog qui étaient là avant.

Effectivement, tout a changé. De cette communauté clairsemée de fin 2003, on est passé au média de masse (ou presque). Evidemment c'est rageant d'être maintenant noyé dans la foule, de n'être plus qu'une petite tête d'épingle dans une grange de foin.

Oui mais voilà, même si l'égo ne retrouve pas la singularité de sa création des débuts, d'autres choses s'installent qui m'empêchent de fermer. Cet espace d'expression fait dorénavant partie de moi, et je sais que je ne pourrais me résoudre à le fermer de si tôt, même si tout comme Trem_r et Flaoua, la régularité n'est plus là.

Le vraie question est surtout l'avenir des blogs. Celle que tous ces vieux blogueurs cherchent, tous les "technophiles, les développeurs, les alertés, les computodépendants [...], les méga geeks, les Embruns and Co, les cyberconnectés depuis laube des temps, les admirateurs de Tron et de Wargames" si bien décris par Vinvin, se cherchent en misant sur la prochaine cyber-révolution.

Tous ces gens pensent avoir une longueur d'avance sur Internet, ils en connaissent les mécanismes, l'histoire, et surtout ils étaient là -avant-. Tous ces éléments leur donnent, pensent-y, une légitimité pour être de nouveau les pionniers dans le futur évènement du Web de demain.

Personnellement, je pense que la spécialisation des blogs, qui a déjà commencée, sera certainement la prochaine étape à court terme. Les BD-Blogs tirent très bien leur épingle du jeu. L'instantanéité d'un dessin touchera toujours un public beaucoup plus large sur Internet que le plus beau des textes. S'en suivent les blogs thématiques qui se spécialiseront pour ne plus toucher qu'une petite partie d'initiés à un domaine précis.

Mais à moyen et long terme, quid de la prochaine évolution du web, dans quelle direction, avec quels précurseurs, dans combien de temps ? Que la grande valse des bonnes idées commence, et bonne année.

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<pubDate>Tue, 26 Dec 2006 13:05:56 GMT</pubDate>
<title>Approche-toi, je ne veux plus te voir.</title>
<description>Elle me fusille du regard, puis ses yeux se détournent brutalement. Elle ne se doute pas que le fait de me présenter sa nuque n'est en aucun cas une marque de mépris, mais plutôt un cadeau, tant cette image est belle et sensuelle.

Elle semble très en colère, mais je la sais tiraillée. Envahie par ce sentiment bien connu d'une émulsion qui ne veut pas prendre, faite d'amour et de haine. Elle m'en veut, mais elle ne peux se résoudre à partir.

Elle aimerait pouvoir me détester sans réserve, me haïr sans conséquence, me laisser sans regret. Mais quelque chose la retient, quelque chose qu'elle ne veut pas nommer, alors qu'il s'agit pourtant d'amour, et c'est justement ce simple fait d'aimer qui l'énerve encore d'avantage. Elle s'en veut d'être aussi dépendante de ses sentiments.

Elle occulte bien évidemment que les torts viennent d'elle, du moins en grande partie. Même un regard objectif, sans mauvaise foi masculine, y trouverai au moins 50% de torts. Mais en réalité je m'en moque, je souris, et je m'approche d'elle pour la prendre dans mes bras. Elle fait mine de me repousser, alors que c'est ce qu'elle attendait sans doute plus que tout.

Je l'aime lorsqu'elle le mérite le moins, parce que c'est dans ces moments là qu'elle en a le plus besoin.</description>
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<pubDate>Fri, 08 Dec 2006 17:16:43 GMT</pubDate>
<title>Bis</title>
<description>Une fois n'est pas coutume, je fais du neuf avec du vieux.

Aujourd'hui 8 décembre.</description>
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<pubDate>Mon, 20 Nov 2006 19:30:34 GMT</pubDate>
<title>Ce que mes enfants n'auront pas connu.</title>
<description>
Ils auront du mal à réaliser que l'on puisse vivre sans téléphone portable, et que l'on devait systématiquement anticiper ses rendez-vous.

Ils ne croirons sans doute jamais que des gens payaient pour voir du porno sur Minitel.

Ils exigeront des preuves quand je leur raconterai que ma première télé n'avait pas de télécommande.

Ils observeront avec la curiosité d'une pièce de musée la disquette, la cassette audio et la VHS.

Ils se moqueront du Walkman Sony Auto Reverse que leur père amenait avec lui au Lycée.

Ils me demanderont comment on faisait avant sans Internet.

Ils essayeront de comprendre à quoi pouvait bien servir les négatifs des photos argentiques.

Ils plaisanteront longtemps sur la mode des longs manteaux noirs et des boucs du début des années 2000.

Ils seront surpris de savoir qu'avant, on pouvait fumer en toute impunité dans les bars et les restaurants.

Ils seront amusés par la taille des téléviseurs à tube cathodique.

Ils apprendrons le nom du sixième président de la cinquième république élu en 2007 dans leur livre d'histoire.

Mais tout ce dont j'espère, c'est qu'ils devront me demander ce qu'était le SIDA, la guerre et la religion.</description>
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<pubDate>Sun, 19 Nov 2006 19:10:03 GMT</pubDate>
<title>Ambition latente.</title>
<description>Enfant, Sylvain voulait être Président de la République. Cela lui semblait la fonction la plus haute possible à ses yeux et aux yeux de ses parents. Lorsqu'il annonçait de telles ambitions en public du haut de ses 6 ans, il observait le petit sourire de fierté sur le visage de ses parents, ce qui le confirmait dans ses choix. Il savait qu'il était un être exceptionnel capable de grandes choses, et l'annonçait à la cour de recrée.

Adolescent, l'objectif lui semblait ambitieux, mais pas impossible. Le flou artistique qui entourait son futur, l'incertitude qui régnait lorsqu'il tentait d'imaginer son quotidien à l'issue de ses études lui permettait de conserver l'espoir de ses rêves les plus audacieux. Il pensait toujours être un être d'exception capable de très grandes choses, mais il le dissimulait au grand public et feintait plus ou moins le profil bas.

Jeune adulte, une partie de son être commençait à déchanter. Son quotidien se transformait en routine, et son avenir ne semblait que trop connu à ses yeux. Il cherchait vainement une tentative d'échapper aux rails qui le conduisait inexorablement vers une vie loin de ses rêves d'enfant, mais l'inertie de ses journées semblait être une force supérieure à ces derniers. Le doute naissait dans son esprit quant à son destin exceptionnel, mais seuls les évènements semblaient en cause. Le parcours déjà glorieux d'individus plus jeunes que lui et déjà médiatisés lui laissait une sensation désagréable de faux départ.

Adulte, il s'était fait une raison. Il comprenait que sa vie n'allait pouvoir avoir qu'un impact limité sur le monde. Il tentait alors d'élargir au maximum cet impact au travers de sa vie professionnelle et familiale. Sans doute ses enfants pourront prolonger ses grands projets, et à leur tour obtenir la gloire ratée de peu  par leur père. Après tout, la naissance de ses enfants lui avait au moins appris qu'il ne servait à rien d'aller chercher ailleurs le bonheur qui était à ses pieds.</description>
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<pubDate>Tue, 19 Sep 2006 21:24:53 GMT</pubDate>
<title>Le syndrôme de l'amphithéâtre.</title>
<description>Elle lui fait un sourire, puis s'éloigne en direction des toilettes. Il la regarde marcher en compagnie de sa soi-disant meilleure amie, qui n'a pas dit un mot de toute la soirée. Son regard se pose sur les mouvements de ses fesses et de ses cuisses rebondies qui semblent bien à l'étroit dans ce jeans serré.

Ce court moment de solitude lui permet de prendre un peu de recul sur la soirée. Il regarde ses collègues de promo se dandiner sur la piste de dance à quelques mètres de lui. La bouteille de whisky qui lui a permis de rentrer dans la boite lui fait de l'il. Il se ressert un verre en pensant qu'il a été bien con de flamber son fric pour impressionner les nanas qui le suivaient à l'entrée.

Manu se laisse aller sur la banquette que l'alcool rend confortable malgré les nombreuses traces de brûlure de cigarette qui la souillent. Il se met alors à repenser aux mois précédents, et notamment à la rentrée universitaire. Ce premier jour dans son école d'informatique, il avait fait l'inventaire des filles de la promo en balayant tous les rangs de l'amphi. "C'est pathétique cette année." avait-il soufflé à son voisin de banc. Entre les cheveux gras, les crises d'acné tardives, les cellulites disproportionnées et les lunettes triple-foyer, Manu se croyait à un casting pour le dernier spectacle des Deschiens.

Puis, au fil des semaines et des mois, ces visages disgracieux devenaient familiers, les formes s'affinaient psychologiquement, et la complicité naissait. Ainsi il fit de moins en moins la fine bouche, et commençait à sélectionner quelques proies potentielles, pourtant ignorées jusqu'alors. L'autre facteur déterminant se déclencha lorsqu'il s'aperçut qu'il ne semblait pas le seul à avoir ainsi élargit son seuil de tolérance, et il se surprit à la concurrence avec un bon paquet de la promo pour savoir qui allait s'asseoir à coté d'Elizabeth Legrand, pourtant sculptée dans une bouteille d'Orangina.

Quelque part, il avait gagné, car c'est bien elle qu'il venait d'embrasser avant qu'elle ne parte aux toilettes, mais d'un autre coté, il ne pouvait s'empêcher de comparer Elizabeth avec les autres inconnues de la soirée, et sa victoire devenait alors moins flagrante.

Manu haussa les épaules et essaya de se concentrer sur la suite de la soirée et sur l'endroit où il avait bien pu ranger ses préservatifs dans sa petite chambre universitaire où il comptait emmener Elizabeth.
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<pubDate>Mon, 10 Jul 2006 21:00:00 GMT</pubDate>
<title>L'autre première fois.</title>
<description>Il est très rare qu'elle le devine tout de suite, elle peut en douter mais la certitude n'est pas de rigueur dans ce domaine. L'orgueil prend le plus souvent le dessus, et le passé est généreusement tourné à l'avantage de l'interressé.

Alors on fait le fier, on roule des mécaniques du haut de notre toute jeune adolescence, mais le coeur bat la chamade et les mains sont moites. On se demande si on saura faire, et si on pourra éviter le ridicule.

Puis le moment tant attendu se présente, il a été retardé mais on ne peut plus faire marche arrière. Peut-être que l'alccol a aidé, peut-être est-ce en plein milieu d'un slow lors d'une boom de collège, ou au bord de la mer, sur la plage autour d'un feu, mais le contact a lieu.

Les lèvres se touchent, les langues se cherchent, le coeur atteint une fréquence de pulsation jusque là inconnue. Puis arrive les questions que l'on n'avait pas réellement prévues. Où placer ces mains ? Les hanches c'est peut-être trop direct, la taille c'est bien, on les laisse là, surtout ne plus les bouger d'un millimétre. Et on arrête quand ? Ne pas paraitre trop pressé. Peut-être qu'elle en a marre ? Moi j'ai mal à la machoire, j'amorce le recul.

Et maintenant ? Ne pas la regarder dans les yeux, regarder ailleurs, garder un air détaché. Elle regarde à gauche, je regarde à droite. Recommencer ?

Lui prendre la main, sortir, observer les gens. Ils nous regardent, mais rien d'extraordinaire ne se produit comme si c'était normal, comme si rien n'avait changé, alors que tout a changé en réalité.

Elle ne l'a sans doute pas deviné, elle peut en douter mais la certitude n'est pas de rigueur dans ce domaine. C'était pourtant la première fois.
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